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Voyage Arica. Séjours et information.

Géographie, climat, sites, histoire, musées et monuments, hôtels, transports, circuits.

Situation géographique d’Arica

Arica est une belle ville de 210.000 habitants située sur le littoral nord du Chili, dans la région d’Arica et Parinacota. C’est le port chilien le plus proche de la frontière, à seulement 18 km au sud du Pérou.  Desservie par la Panaméricaine, c’est un véritable carrefour d’échanges. Elle sert de plus de port libre pour la Bolivie qui n’a pas d’accès direct à la mer ; la ligne ferroviaire qui la relie à La Paz génère un transfert de marchandises important. Au-delà de cette activité commerciale dynamique, elle attire pour sa qualité de vie. Ses parcs et jardins qui bordent l’Océan Pacifique la rendent agréable.

Climat d’Arica

Arica est surnommée la ville de l’éternel printemps  en raison de ses températures très clémentes tout au long de l’année et un climat aride qui ne souffre pas d’une forte amplitude thermique. En février, la température maximale est de 30 degrés, et la minimale de 14. En septembre, la température maximale est de 23 degrés et la minimale de 8. Son fort taux d’ensoleillement fait d’elle une station balnéaire très prisée, avec ses grandes plages de sable comme El Laucho et La Licorne. Voir notre fiche : Quand partir au Chili.

Histoire d’Arica

Fondée en 1565, Arica est une des plus anciennes villes coloniales du Chili. Elle doit sa prospérité à l’exploitation massive des mines de Potosi sous l’époque coloniale, dont elle était le port le plus proche. Elle est restée durant des siècles sous domination péruvienne. Le 7 juin 1880, la bataille d’Arica marque un tournant décisif dans la guerre du Pacifique qui oppose le Pérou au Chili. Les fantassins chiliens prennent d’assaut el Morro et infligent 700 pertes humaines du côté des Péruviens, qu’ils poussent à la déroute avant de faire plus de 1.300 prisonniers. Cette date est toujours commémorée comme Día de la Bandera (Jour du Drapeau) au Pérou et le Día de las Glorias de la Infantería (Jour des gloires de l’infanterie) au Chili. Occupée depuis ce jour par les forces chiliennes, la région est officiellement annexée comme partie intégrante du Chili avec le Traité de Lima en 1929.

Que voir à Arica ?

Les monuments les plus connus d’Arica sont les œuvres livrées par les ateliers de Gustave Eiffel à l’époque de l’apogée de l’exploitation minière, à la fin du XIXe siècle. La Cathédrale de San Marcos, commandée par le président péruvien José Balta, à l’origine pour la ville de Ancón, est finalement installée en 1876 à Arica, sur les ruines de l’Eglise Matriz détruite en 1868 par un séisme. Déclaré Monument national du Chili en 1984, son architecture néo gothique est caractérisée par une structure exclusivement métallique, tout comme l’ancienne gare ferroviaire et les bureaux de la douane aujourd’hui Maison de la Culture.

La Casa Bolognesi se trouve dans le sud de la ville d’Arica, au pied de la colline du Morro, à l’angle entre les rues Yungay et Colon. Elle fut le théâtre d’un épisode héroïque de la guerre du Pacifique, qui lui vaut son surnom de Casa de la Repuesta. Elle appartient toujours à l’Etat péruvien, d’après le Traité de Lima de 1929. Le 5 juin 1880, le colonel péruvien Francisco Bolognesi y refusa la proposition chilienne d’accepter sa reddition et mena la bataille jusqu’à la fin, en promettant : «Je remplirai mes devoirs en brûlant jusqu’à la dernière cartouche ». Comme toutes les maisons de la fin du XIXe siècle, elle arborait une belle façade toute en bois, avec deux terrasses à l’étage. La première balustrade est bordée par une simple grille de fer forgé, et soutient un arc de bois sur lequel s’appuie la seconde terrasse, joliment ornée de colonnes et d’un petit phare à l’angle. Ses nombreuses modifications n’ont portant pas altéré ce qu’elle représente pour les Péruviens au Chili.

Situé au pied du Morro, en lieu et place de ce qui aurait dû être un hôtel, le Museo de Sitio Colón 10 possède une histoire quelque peu hors du commun. En effet, lors des premières excavations on ne tarda pas à découvrir une douzaine de momies chinchorros vieilles de plus de 4 000 ans. Mais la surprise fût encore plus grande lorsque l’équipe d’archéologues chargée d’exhumer les restes déclara qu’il y avait là plus d’une centaine de momies. Le projet d’édifier un hôtel dans ce qui semble être un lieu sacré de la culture chinchorro fût avorté et on décida d’aménager le site en musée. Ce dernier fût inauguré en Décembre 2009. Aujourd’hui on peut y observer les momies intactes, telles quelles ont été découvertes, une grande première dans l’histoire de la conservation du patrimoine culturel chilien.

Le gouvernement maritime d’Arica dispose de ce siège depuis sa construction par l’entreprise Franky & Julián en 1926. Situé entre le Morro et l’Océan Pacifique, il se démarque par sa belle coupole dont la cloche annonçait autrefois l’arrivée des bateaux et les incendies.

L’ancienne station ferroviaire de la ligne Arica-La Paz se trouve dans le voisinage de l’ancienne douane dessinée par Gustave Eiffel et du port. On peut y admirer une locomotive à crémaillère allemande Alt Essligen de l’année 1924. Le musée ferroviaire inauguré en 1987, après un temps de fermeture, a été rouvert en 1997. Les anciens quais accueillent aussi des expositions, concerts et salons littéraires. La ligne Arica-La Paz  avait été inaugurée en 1913, conformément au Traité de 1904 garantissant le trafic ferroviaire à perpétuité en échange de l’annexion du littoral bolivien par les Chiliens. Elle parcourait 440 km pour relier la Bolivie à l’Océan Pacifique, avec un col à 4.265 m dans la cordillère des Andes. Mais les intempéries de 2001 et la faillite en 2005 ont eu raison de son activité. Le train effectue ajourd’hui seulement quelques voyages touristiques jusqu’à Poconchile, à bord du mythique Dorado de los Andes.

L’université de los Lagos est une institution publique créée en 1993 par l’université d’Osorno et l’université technique de Puerto Montt. Elle reçoit 3.800 élèves dans plus de 100 cursus d’études supérieures. Présente sur les campus de Coyhaique et l’institut de développement universitaire de Santiago, elle coordonne aussi des formations dans 42 villes entre Arica et Punta Arenas.

Le sud d’Arica est surplombé par le Morro, une formation rocheuse de 130 m de haut, érodée par l’océan Pacifique. Ce symbole de la ville a été déclaré Monument National le 6 octobre 1971. On peut profiter d’une vue panoramique sur toute la ville et les plages depuis son balcon, accessible par la rue Sotomayor ou par le sentier de la rue Colón. Au sommet, l’esplanade abrite le Musée d’histoire et d’armes d’Arica, ainsi que le Christ de la Concorde. Cette statue massive, de 11 m de haut pour 15 tonnes d’acier et de bronze, symbolise la paix entre le Pérou et le Chili. Elle a été sculptée par Zemlika Valdivieso sur un modèle de Raúl Valdivieso, et livrée depuis l’Espagne en 1987.

Le Port d’Arica est un des principaux terminaux portuaires du nord du Chili. C’est aussi le seul point d’accès maritime de la Bolivie, qui a une concession territoriale depuis 1999 en vertu du Traité de paix de 1929 qui lui a ôté ses territoires du littoral. Le trafic portuaire s’organise en diverses zones : les douanes chiliennes, la jetée des pêcheurs qui peuvent  vendre sur place à la criée, et la partie dédiée plus généralement au transport commercial, avec de nombreux hangars desservis par un train. L’infrastructure globale date de 1966, et fait suite à l’explosion des échanges après le classement de la ville d’Arica come zone libre de douane en 1953. Après une modernisation structurelle en 1998, un nouveau quai a été bâti en 2009.

Que voir dans les environs d'Arica ?

La vallée agricole d’Azapa s’étend entre la côte et la cordillère des Andes, à proximité d’Arica. C’est une oasis fertile au milieu d’une zone désertique, entourée de part et d’autre de montagnes ensablées. On y cultive quantité de fruits tropicaux, des olives et des fleurs.

A 12 km d’Arica, le village de San Miguel d’Azapa a hérité de la culture afro-péruvienne des esclaves des colons espagnols. Le Musée de San Miguel de Azapa, géré par l’Université de Tarapacá, possède des momies parmi les plus anciennes au monde, conservées grâce à l’aridité extrême du désert d’Atacama. Elles datent de la culture Chinchorro, une population de pêcheurs qui remonte à 7.000 avant J.-C.

A 10 km au nord d’Arica, la vallée de Lluta abrite le village de Poconchile. Ancienne halte sur le chemin inca, il faisait office de base d’approvisionnement pour la liaison ferroviaire entre Arica et La Paz en Bolivie, aujourd’hui disparue. Le village s’anime chaque année autour de son église San Geronimo, pour la saint Jérôme le 30 octobre et la saint Joseph le 19 mars. Cet humble édifice en adobe daté de 1604 figure parmi les plus anciennes églises du Chili.

Dans la même vallée, au bord du rio San José, le Pucará de San Lorenzo est une fortification du XIIe siècle, qui surplombe diverses sépultures plus anciennes datant de la culture Tihuanaco, autour du VIIIe siècle.
A 65 km d’Arica en circulant le long de la route vers la Bolivie, la Quebrada de Cardones permet d’admirer des cactus candélabres parfois haut de 5 m.

Le Pucará de Copaquilla et ses vestiges fortifiés du XIIe siècle dominent la vallée de Lluta depuis les hauteurs. Dans les alentours, citons aussi le village rural de Socorama, au charme champêtre.

Les vallées de Lluta et Azapa recèlent de nombreux géoglyphes. On estime que cet art rupestre remonte aux cultures Tihuanaco et Inca. Pour en savoir plus : les géoglyphes et pétroglyphes de la région d’Arica.

Le Cerro Sagrado se dresse dans la vallée d’Azapa, à 8 km de la côte. Il a les flancs couverts de très beaux géoglyphes qui remontent à la période comprise entre 1.000 et 1.400 avant J.-C. On peut distinguer des représentations d’hommes, de lamas, de reptiles, mais aussi de figures géométriques abstraites. Le procédé utilisé est l’accumulation de pierres obscures sur le sol clair de la colline, qui met en valeur le dessin par contraste. L’extrême aridité du lieu a permis la conservation de ces œuvres à travers les millénaires.

Le Cerro Sombrero, situé dans la même vallée d’Azapa, est quant-à lui orné de deux lamas géants. Ces symboles auraient permis d’indiquer la route ou les points d’eau pour les caravanes de commerce de l’époque qui permettaient d’échanger des produits des Andes avec le littoral. Les géoglyphes avaient aussi sûrement une fonction sacrée.

Les géoglyphes de La Rana (borne kilométrique 31), El Aguila (borne kilométrique 51) et El Gigante (borne kilométrique 101) tirent respectivement leur nom de leur forme de grenouille, aigle et géant. Ce sont les plus célèbres de la Vallée de Lluta. Ils sont observables sur les flancs des collines qui bordent le côté droit la route entre les kilomètres 6 et 7.

Les pétroglyphes de Rosario se trouvent au niveau du kilomètre 17. Ils représentent des figures anthropomorphes et zoomorphes diverses, gravées à même les rochers.

La vallée de Camarones constitue le trait d’union entre les contreforts des Andes et l’Océan. Fertile et agricole, cette zone débouche sur la Caleta Camarones, sur le Pacifique. Vallée encaissée et profonde, elle offre des paysages particulièrement impressionnants.

Fêtes à Arica

En février ou mars, Le Carnavalón est fêté juste avant l’entrée dans le carême par les villages de l’altiplano, avec les traditionnelles offrandes à la Pachamama et à Inti, divinités de la terre et du soleil qui donnent la vie aux sociétés rurales. Ño Carnavalón ou Rey Momo est enterré avec toutes sortes de cadeaux pour garantir une année prospère.
A Arica même, c’est pendant 3 jours que le Carnaval Andin International  mêle les traditions des descendants d’africains et des peuples indigènes en réunissant depuis 2005 le festival Inti Ch’amampi de la Confrérie de Danses andines d’Arica et le festival Con la Fuerza del Sol de la Fédération d’Arts Indigènes Kimsa Suyu.
Mi mai, la vallée de Codpa fait la fête des vendanges, avec des dégustations de vin en musique.
Le 21 mai, Arica fête le printemps avec l’élection de la reine du printemps, de nombreux défilés de chars à travers la ville, une veillée de sketchs comiques au théâtre national et un grand concours de danse costumées.

Restaurants : où manger à Arica ?

Le restaurant Maracuya a de grandes salles, et sa terrasse au cinquième étage est un régal pour profiter de la vue sur l’Océan. Il travaille avec les classiques de la gastronomie péruvienne.
Los Alejos de 21
est une adresse sympathique à trois rues de la rue piétonne 21 de Mayo. Le restaurant a une belle carte de grillades dans une atmosphère champêtre. Ses boissons à bases de fruits exotiques valent aussi le détour.
Le restaurant Playa El Laucho occupe une jolie villa avec vue sur la mer. On peut y savourer du congre à la moutarde ou du ceviche de lenguado.
Le restaurant Rayu permet de déjeuner ou dîner au bord d’une belle piscine, face à la plage. Ses fruits de mer et poissons sont très frais, et la sauce de la corvina mérite une mention spéciale.

Hôtels : où dormir à Arica?

L’Hôtel boutique Casa Beltrán propose ses 17 chambres dans une vieille demeure restaurée avec goût. Le séjour y est agréable, avec son restaurant gourmet et son bar à cocktail.
L’Hôtel Arica a une expérience de 60 ans dans l’accueil  d’hôtes et le service sur mesure. Il propose un bar panoramique et une terrasse avec vue sur mer où déguster les plats traditionnels du restaurant Península.

Transport : comment se rendre à Arica?

La liaison aérienne quotidienne de Santiago à Arica utilise l’aéroport Chacalluta, situé à 18,5 km du centre ville d’Arica. C’est l’aéroport le plus au nord du Chili. Par la route, Arica est à 4h d’Iquique et 12 km de San Miguel de Azapa.