Histoire du Chili. Les premiers temps de la République

Débuts de l’indépendance, succession de régimes politiques, guerre civile, expansion économique et troubles sociaux.

Les difficiles débuts de la République (XIXe siècle)

Les débuts de la République du Chili, en cours d’organisation, sont difficiles, en particulier après la démission de Bernardo O’Higgins en 1823. La Constitution de 1828, de type libéral, est vite remplacée, à la faveur d’une révolution, par la Constitution de 1833, qui instaure une République conservatrice: inspirée par le jeune politicien Diego Portales, elle donne des pouvoirs importants au Président. Au cours de la période qui s’ouvre, le Chili commence à s’enrichir grâce à l’exportation de blé et à la vente d’argent, minerai découvert et extrait à Chañarcillo, dans la région d’Atacama.

1861 marque la fin de la République conservatrice et le début de la République libérale, qui elle-même prendra fin avec la guerre civile de 1891. Cette période est marquée en particulier par une guerre contre l’Espagne en 1866 dont le Chili sort victorieux, et par la guerre du Pacifique, le principal conflit armé de l’histoire du Chili. Cette guerre s’explique par la rivalité avec la Bolivie sur la frontière Nord et pour le contrôle des mines de salpêtre. Les Chiliens débarquent dans la région d’Antofagasta puis affrontent en mer le Pérou, allié de la Bolivie. Après le retrait de ce pays, la guerre se poursuit avec le Pérou. En 1881, les soldats chiliens pénètrent dans Lima après la bataille de Miraflores. Mais c’est la bataille de Huamachuco, le 10 juillet 1883, qui marque la fin de la guerre et la victoire du Chili. Avec le traité d’Antofagasta, et celui d’Ancón, signé le 20 octobre 1883, le Chili étend son territoire. Au Sud, le Chili s’étend également peu à peu, de même qu’il annexe l’île de Pâques en 1888. En revanche, en 1881, le Chili a renoncé au territoire de la Patagonie orientale et de la Puna d’Atacama au profit de l’Argentine. Les territoires nouvellement acquis favorisent le développement économique du pays.

Durant son mandat, le président José Manuel Balmaceda rencontre des difficultés grandissantes avec le Congrès, mais aussi avec les leaders conservateurs, l’aristocratie et les entreprises salpêtrières. La guerre civile éclate le 1er janvier 1891, opposant le Congrès et la marine au Président et à l’armée. Début septembre, l’entrée à Santiago des troupes du gouvernement parallèle marque la fin de cette guerre qui aura fait 10 000 morts. Une République parlementaire est mise en place.

Le Chili et la question sociale (XXe siècle)

Cependant, le Chili continue de s’enrichir grâce au salpêtre, ce qui permet de grands travaux, parmi lesquels le chemin de fer transandin. Les problèmes frontaliers avec l’Argentine sont résolus. Alors que la Première Guerre mondiale éclate, le Chili décide de rester neutre.
Au tournant du XXe siècle, la question sociale a pris une ampleur considérable : l’exode rural, la pauvreté et la mortalité, les conditions de travail conduisent aux premières grèves et à des heurts violents avec les forces de l’ordre. Le congé dominical, introduit en 1907, n’apaise pas la colère des travailleurs.

Le mouvement ouvrier continue de se développer au niveau national avec ses instances – syndicats, mutuelles, parti politique, etc. En 1920, les forces populaires, unies à la classe moyenne, prennent le pouvoir. Arturo Alessandri, devenu président de la République, tente de faire voter des lois sociales très avancées. Mais en difficulté, il abandonne. Rappelé au bout de quelques mois, il introduit de profonds changements dans le système politique : une nouvelle Constitution, promulguée le 18 septembre 1925, donne le pouvoir effectif au Président. C’est le début de la République présidentielle.