Séismes au Chili : quand la terre tremble

Les Chiliens se sont organisés pour résister aux tremblements de terre qui secouent régulièrement leur pays.

La planète est secouée en permanence par des séismes, dont la plupart sont inaperçus car faibles ou dans des zones inhabitées. Le Chili est l’une des zones les plus sismiques de la Terre, comme le Japon ou la Californie par exemple, car il est situé dans une zone de convergence de deux plaques tectoniques. C’est aussi l’un des premiers à s’être organisé: des instruments de mesure ont été utilisés dès 1851 et un Service sismologique national a été créé en 1908 et dirigé par le polytechnicien français Fernand de Montessus de Ballore, l’un des premiers au monde à avoir entrepris une étude scientifique des tremblements de terre.

Il a installé le premier observatoire sismologique sur le Cerro Santa Lucía de Santiago en 1908 et 29 autres dans tout le pays dans les années suivantes, formant ainsi l’un des réseaux les plus en pointe pour l’époque. Des campagnes ont ensuite été menées pour encourager la construction d’édifices aux normes antisismiques, aujourd’hui légalement obligatoires, et informer la population des meilleures conduites à tenir. Depuis un siècle, quelques terribles tremblements de terre ont marqué le Chili: le séisme de février 2010 près de Concepción dans la région centrale (magnitude de 8,8), celui du 22 mai 1960 à Valdivia (9,5) en Patagonie des lacs et des volcans, celui d’août 1906 à Valparaíso et dans la région centrale (magnitude 8,2, le plus meurtrier).

Le tremblement de terre de Valdivia en 1960 a atteint une magnitude de 9,5, le plus fort jamais enregistré par l’homme: après le choc du tremblement de terre, qui a fait 1.600 morts, le séisme a déclenché un tsunami qui a parcouru tout l’océan Pacifique, jusqu’au Japon et à la Nouvelle-Zélande, faisant beaucoup de dégâts sur son passage, notamment à Hawaii. Le séisme de février 2010, l’un des plus puissants jamais enregistrés (le 5e), a certes fait beaucoup de dégâts mais un bilan humain relativement faible: 521 décès (bilan officiel) pour un séisme de magnitude 8,8 sur l’échelle de Richter dont l’épicentre était situé dans l’océan Pacifique à quelque 100 km de la zone urbaine de Concepción. Là encore, le séisme a engendré un tsunami, mettant en alerte toute la Polynésie française.

Ces tremblements de terre ont particulièrement affecté des régions habitées; néanmoins, selon le Service sismologique de l’Université du Chili, un séisme de magnitude proche ou supérieure à 8 sur l’échelle de Richter est enregistré tous les dix ans dans le pays depuis un siècle, sans faire nécessairement des dégâts.

Le Chili est un pays particulièrement sismique car il se trouve à la zone de subduction de la plaque tectonique océanique de Nazca avec la plaque continentale sud-américaine: la plaque de Nazca s’enfonce sous la plaque continentale de 7-8 centimètres par an, mouvement qui provoque des tremblements de terre.