Histoire du Chili. Des origines à l’indépendance

Période précolombienne, conquête et colonisation espagnole, guerres d’indépendance, naissance de la République

La période précolombienne (XIIIe millénaire av. J.-C. – XVIe siècle ap. J.-C.)

Les spécialistes datent l’installation de l’homme sur le territoire correspondant à l’actuel Chili au XIIIe millénaire av. J.-C. Avec les changements climatiques du VIIe millénaire av. J.-C., les populations se sont déplacées, formant dès lors les principaux groupes indigènes: les Atacamas, les Aymaras, les Diaguitas et les Changos dans le Nord, les Mapuches dans la vallée centrale, enfin les Tehuelches, les Chonos, les Alakalufs, les Onas et les Yagans en Patagonie.
Au fil du temps, ces populations deviennent plus nombreuses. Au cours du XVe siècle, les ethnies du Nord passent sous la domination de l’empire inca.

La conquête et la colonisation espagnole (XVIe-XVIIIe)

En 1520, Fernand de Magellan, qui a déjà parcouru les côtes brésiliennes et argentines, découvre le détroit qui portera son nom, puis la côte chilienne. La région prendra le nom de Tchili, vraisemblablement en raison d’un peuple indigène éponyme, le terme de « tchili » signifiant « neige ».

C’est en cherchant un territoire mythique, réputé très riche, « El Dorado », que Diego de Almagro s’avance, vers 1535-1536, depuis le Pérou vers le territoire chilien, dont il explorera finalement une grande partie. En 1540 commence réellement la conquête du pays par les Espagnols: Pedro de Valdivia arrive dans la vallée de Copiapó dont il prend officiellement possession au nom du roi d’Espagne. Poursuivant sa route vers la vallée de l’Aconcagua, il s’arrête aux pieds de la colline de Santa Lucía où il fonde la ville de Santiago le 12 février 1541. Nommé premier gouverneur et capitaine général de la Nouvelle Estrémadure, il poursuit la conquête vers le Sud et fonde d’autres villes. Après la guerre d’Arauco, à la fin du XVIe siècle, les Espagnols étendent leur domination jusqu’au fleuve Biobío, le Sud restant aux Mapuches.

La domination espagnole durera près de trois siècles. D’abord placé sous la surveillance du vice-roi du Pérou, le gouverneur du Chili devient finalement indépendant de cette vice-royauté sur décision du roi d’Espagne Charles III en 1798. Tout au long de la période coloniale, les temps de guerres et les trêves se sont succédé, en particulier avec les Mapuches. En revanche, du point de vue économique, le Chili parvient à développer la culture du blé au point de devenir le « grenier du Pérou« .
Quant à l’île de Pâques, elle a été découverte le jour de Pâques de l’année 1722 par le navigateur hollandais Jacob Roggeveen. Cook et La Pérouse la visiteront en 1774 et en 1786.

Vers l'indépendance (XIXe siècle)

En 1808, la nouvelle de l’invasion de l’Espagne par Napoléon et de la captivité de Ferdinand VII d’Espagne agite le Chili. En 1810, la formation d’une Première junte nationale de gouvernement, qui rassemble des notables, conduit peu à peu à l’autonomie du territoire. Mais, en 1814, les troupes envoyées par le vice-roi du Pérou mettent en déroute les patriotes lors de la bataille de Rancagua du 2 octobre. Cette reconquête espagnole conduit les plus en vue à s’exiler à Mendoza (Argentine), où ils forment l’Armée des Andes, avec l’appui de l’Argentin José de San Martín, armée dont fait partie Bernardo O’Higgins. Le 12 février 1817, après avoir traversé la cordillère des Andes, ils battent les troupes loyalistes lors de la bataille de Chacabuco, près de Santiago.

Le 12 février 1818, soit un an après, le Directeur suprême, O’Higgins, déclare officiellement l’indépendance du Chili. Il restera cependant des troupes royalistes, dans le Sud du pays, jusqu’en 1826.