Les Diaguitas, Chili : les maîtres de la céramique

Cette ethnie d’agriculteurs et de céramistes a disparu lors de la colonisation.

La culture diaguita a pris naissance entre le VIIIe et le Xe siècle (les sources divergent) dans le Nord du Chili et commence à s’éteindre au moment de la conquête espagnole au XVe siècle. Probablement en provenance du Nord-Ouest argentin, ce peuple d’agriculteurs s’est installé dans les vallées les plus fertiles des rivières Copiapó, Elqui, Limarí et Choapa, dans le désert d’Atacama au climat beaucoup moins aride qu’aujourd’hui. Il installe des systèmes d’irrigation afin d’obtenir le meilleur rendement de maïs, quinoa, haricots, courges, pommes de terre. Les Diaguitas pratiquent le système de troc avec d’autres communautés, utilisant le lama pour transporter les marchandises. En l’état actuel des connaissances, les spécialistes pensent que les Diaguitas vivaient dans de petits villages dirigés par un chef et assez indépendants les uns des autres, jusqu’à l’arrivée des Incas qui les obligent à changer leur organisation sociale.

Les archéologues ont retrouvé de très belles céramiques diaguitas, finement décorées de motifs géométriques, généralement de couleur blanche/ocre, rouge et noire. Les pièces les plus travaillées étaient destinées aux cérémonies et rituels, les autres à l’usage domestique. Beaucoup des céramiques ont été retrouvées dans les tombes, où elles étaient placées auprès du défunt. La figure d’un félin est souvent représentée, suggérant un culte à cette espèce animale. Le musée d’art précolombien de Santiago en présente de nombreux exemplaires. Les Diaguitas utilisaient également le métal et étaient l’une des ethnies les plus développées du Chili préhispanique.

La culture diaguita s’est fondue dans la culture créole et aucune de ses traditions ne subsiste au Chili. Quelques mots de la langue des Diaguitas, le kakán (ou cacán), auraient survécu, notamment dans des noms de lieux aujourd’hui célèbres: Antofagasta, Elqui, Atacama, Calama, Toconao… En Argentine, plusieurs milliers de personnes se considèrent membres de l’ethnie diaguita.