Les Chonos, peuple des îles du Sud du Chili

Ces nomades des mers se déplaçaient en pirogue entre les îles de la Patagonie.

En Patagonie, du Sud de Chiloé jusqu’à la péninsule de Taitao dans la Réserve nationale Las Guaitecas, un immense labyrinthe d’îles, de canaux et de fjords: c’était le territoire des Chonos. Un archipel porte d’ailleurs leur nom. Les Chonos étaient des nomades des mers, se déplaçant dans des pirogues qui leur permettaient de pêcher et chasser entre ces îles couvertes de forêt, au rude climat. Leur longue et fine embarcation, la dalca, disposait d’une ancre faite de bois et de pierres, de rames et d’une voile, elle était solide et pouvait supporter une lourde charge. Les Huilliches et les Espagnols adoptèrent par la suite cette pirogue, dont on peut encore voir quelques exemplaires à Chiloé. Le village de Dalcahue, à l’Est de l’île, tient d’ailleurs son nom du mot « dalca ». L’otarie était particulièrement appréciée des chasseurs, pour sa viande mais aussi pour sa graisse, qui servait à fabriquer une boisson. Malgré les basses températures de l’air et de l’eau, les femmes plongeaient pour récolter des fruits de mer.

																	  																  

Les Chonos n’avaient pas de village, ils vivaient sur leur dalca ou installaient des campements au gré des ressources en nourriture et près de points d’eau douce. Ils fabriquaient alors des huttes avec des branchages et des peaux de bête. Les Chonos utilisaient les peintures corporelles (le corps blanc, le visage rouge, noir ou blanc) et vivaient presque nus, avec seulement un cache-sexe en algue et un tissage en poils de guanaco qui couvrait les épaules et la moitié du dos. Les premiers Espagnols qui les ont rencontrés ont évoqué la pratique de danses rituelles, mais les informations manquent sur leurs croyances.

Au contact des colonisateurs espagnols, au XVIe siècle, ils se sont enfuis pour ne pas être embarqués de force vers les mines du Nord. Certains se sont réfugiés en territoire kawesqar (ou alakaluf) au Sud, d’autres dans les missions jésuites de Chiloé, où ils ont fini par se métisser et abandonner leur culture. Comme peuple, les Chonos disparaissent de tout récit ou témoignage au tout début du XIXe siècle.