Peuples d’origine : Mapuches, Aymaras, Rapa Nui…

Les mapuches, entre le Choapa au Nord et les îles de Chiloé au Sud, les Aónikenk ou Tehuelches en Patagonie, vivaient également de la chasse et des récoltes. Les Changos sur la côte Nord, les Rapa Nui sur l’île de Pâques, les Chonos, les Kawéskar ou Alacalufes, et les Yámanas, vivaient quant à eux exclusivement de la pêche et des coquillages. Certaines de ces ethnies sont néanmoins toujours présentes sur le territoire du Chili :

Les Mapuches

À l’arrivée des conquérants espagnols au XVIe siècle, les mapuches vivaient dans la Vallée de l’Aconcagua et dans l’archipel de Chiloé, ainsi que dans les zones septentrionales situées en dessous des territoires de l’Empire Inca. Entre le XVII et le XVIIIe siècle, les mapuches se déplacèrent à l’Est des Andes.
L’indépendance des mapuches a été maintenue jusqu’à la fin du XIXe siècle, lorsqu’ils furent soumis au gouvernement chilien. Au XX et XXIe siècle, on assiste à un processus d’assimilation à la société chilienne, mais il existe encore aujourd’hui des manifestations de résistance culturelle et de conflits pour la reconnaissance de leurs droits et la récupération de leur indépendance.
En 1992, plus de 932.000 mapuches avaient été recensés (personnes de plus de 14 ans). En 2002, ils n’étaient plus que 604.349, ce qui représente une diminution de plus de 30% de leur population en une décennie.
Une législation de l’État a ensuite mis un terme à ces communautés en proclamant leur division.  À partir de 1979, ce processus est accéléré, jusqu’à une dissolution presque totale des communautés restantes.
Les organisations mapuches critiquèrent durement cette législation qui établit un système d’appartenance individuelle contraire à leurs traditions.
Cette législation a accentué l’augmentation de la pauvreté de ces communautés ces dernières années. Selon une étude réalisée en 1988, le taux de mortalité infantile dans ces communautés était le double de celui du pays (45 pour mille).

Les Aymaras

La population aymara actuelle au Chili est estimée à environ 48.000 personnes. Parmi celle-ci, les deux tiers ont quitté leur lieu d’origine : les hauts plateaux à la frontière avec la Bolivie et le Pérou, pour les villes et les villages du désert (Calama et Pozo Almonte notamment) ou encore les ports côtiers (Arica et Iquique principalement). Le tiers restant maintient son caractère rural, dont la moitié continue de peupler la région des hauts plateaux frontaliers, où son activité reste l’élevage.
Les peuples aymaras ont été pratiquement ignorés des autorités chiliennes, qui n’ont jamais réalisé de législation en leur faveur. Des politiques visant à réussir leur processus d’assimilation ont néanmoins été mises en place, principalement à l’école et dans le cadre du service militaire obligatoire.
En effet, à la différence du peuple mapuche, la propriété des terres aymaras n’a jamais été reconnue, étant considérées comme fiscales par l’Etat. Le manque de reconnaissance et de protection de ces communautés, forte menace quant à la survie du peuple aymara, a généré ces dernières années plusieurs conflits.

Les Rapa Nui

Les Rapa Nui, population à l’origine des géants de pierre volcanique, les moais, représentent une population d’environ 20 000 individus, qui vit sur l’île de Pâques. Ce peuple descend des Polynésiens qui ont parcouru les eaux de l’océan Pacifique et ont découvert l’île de Pâques en 500 après. J.C., puis s’y sont installés.
En 1966, les Rapa nui sont reliés à la province de Valparaiso, obtenant alors le droit de vote ainsi que des papiers d’identité. Ils revendiquent aujourd’hui le droit à une plus grande autonomie.

Les Atacameños

L’ethnie atacameño ou peuple d’Atacama, qui représente environ 3.000 personnes, vit dans des villages situés sur les communes de San Pedro de Atacama et Calama, dans la IIe région du Chili. L’agriculture, l’élevage et même la métallurgie faisaient partie des activités des atacameños, ils commerçaient aussi avec les peuples de la côte comme les Changos.
Il existe de beaux vestiges de cette population, notamment la Pukara de Lasana, que l’on rencontre à 45 km de la ville de Calama. Il s’agit d’une forteresse construite au XIIe siècle et qui a été déclarée Monument National. On trouve à l’intérieur des vestiges d’un village fortifié et élevé sur des terrains plus hauts.

Autres peuples

La communauté coya, quant à elle, ne dépasse pas une centaine d’individus, et vit dans la zone précordillère de la IIIe région, dans le Nord du pays. Ces groupes, tout comme les aymaras, vivent de l’agriculture et du textile à petite échelle, cette activité est en effet assez caractéristique des populations andines.
Les peuples yamañas et kawéskar habitent dans l’extrême Sud du pays, avec une population ne dépassant pas une centaine d’individus.
Les descendants des yamañas vivent de la pêche et du travail artisanal dans la ville d’Ukika, sur l’île de Navarino, tandis que les descendants des kawéskar se répartissent de manière plus diverse : 12 vivent à Puerto Eden, 60 d’entre eux à Punta Arenas, et le reste de la population, environ une trentaine d’individus, vit à Puerto Natales.