Michelle Bachelet : la première femme à la présidence du Chili

Médecin et femme politique de gauche, elle a été élue le 15 Décembre 2013 chef d’État et de gouvernement pour un second mandat de 4 ans.

Née le 29 septembre 1951, à Santiago du Chili, Michelle Bachelet est la fille d’Alberto Bachelet, général de l’aviation, et d’Ángela Jeria, anthropologue. Du côté paternel, l’un de ses aïeux a quitté la France pour le Chili en 1869. Vigneron, il était originaire du village de Chassagne-Montrachet, en Côte d’Or, que Michelle a visité en mai 2009.

Michelle Bachelet a commencé ses études de médecine en 1970. Elle adhère, dès cette époque, au Parti Socialiste chilien. Son père, proche du président Salvador Allende, est nommé responsable du Bureau de distribution des produits alimentaires. Cela lui vaut, à peine quelques années plus tard, d’être emprisonné et torturé par la junte militaire dirigée par Augusto Pinochet. Il meurt en mars 1974 suite, vraisemblablement, aux mauvais traitements qu’il a subis. Michelle et sa mère sont également incarcérées et torturées en janvier 1975. Dès leur libération, elles quittent le Chili pour l’Australie d’abord, puis pour l’Allemagne de l’Est. Michelle poursuit alors ses études à l’université Humboldt de Berlin.

Michelle Bachelet revient au Chili en 1979. Elle obtient son diplôme de chirurgien en 1982 puis, finalement, travaille en pédiatrie et santé publique à l’hôpital pour enfants Roberto del Río. Elle apporte également son concours à des ONG.

Après le retour à la démocratie, de 1994 à 1997, elle est conseillère au cabinet du secrétaire d’État à la Santé. Intéressée par les questions de défense, elle suit des études de stratégie militaire à l’Académie Nationale des Études Politiques et Stratégiques (ANEPE) au Chili, puis à l’Inter-American Defense College aux États-Unis. De retour en 1998, elle devient conseillère auprès du ministre de la Défense. Elle suit également un cursus de science militaire à l’Académie de guerre de l’armée chilienne. Michelle Bachelet, qui est polyglotte, est d’ores et déjà réputée pour ses capacités de travail. Elle est mère célibataire de trois enfants.

Le 11 mars 2000, elle est nommée ministre de la Santé par le président Ricardo Lagos puis, le 7 janvier 2002, ministre de la Défense. Compte tenu de sa popularité grandissante, Michelle Bachelet devient la candidate à l’élection présidentielle de la Concertation Démocratique, coalition de socialistes, radicaux et démocrates-chrétiens (au pouvoir depuis 1990). Elle fait face à Joaquín Lavín, soutenu par l’Union Démocrate Indépendante (UDI, droite), à Sebastián Piñera, soutenu par la Révolution Nationale (RN, centre-droit), et Tomas Hirsch (extrême-gauche).

Le 15 janvier 2006, elle remporte le second tour de l’élection présidentielle avec 53,5 % des suffrages, et prend ses fonctions de chef d’État et de gouvernement en mars 2006. Elle est la cinquième femme d’Amérique latine à devenir Présidente, mais la première élue au suffrage universel direct.

Comme elle l’avait annoncé, son gouvernement est composé d’autant de femmes que d’hommes (10). Suite à une révision constitutionnelle, Michelle Bachelet reste Présidente jusqu’en 2010 : son mandat est de quatre ans, non renouvelable, et elle ne s’est donc pas présentée à l’élection présidentielle de décembre 2009.

La présidence de Michelle Bachelet aura été marquée entre autres par la tenue de réformes sociales (santé, retraite, logement), la signature d’accords de libre-échanges commerciaux avec des pays d’Asie et d’Océanie ainsi que par l’effort de rapprochement diplomatique avec les pays voisins : Bolivie, Argentine et Pérou.

À la veille de quitter ses fonctions, une enquête d’opinion lui confère 84% de soutien, chiffre le plus élevé jamais enregistré par un Chef de l’État au Chili en fin de mandat. Le 11 mars 2010 lui succède à la Présidence Sebastian Piñera, candidat de centre-droit qu’elle avait évincé au 2eme tour des élections en 2006.

En 2013 elle présente de nouveau sa candidature à la présidence du Chili et remporte les élections avec 62% des suffrages face à la candidate conservatrice Evelyn Mattei. Un retour très attendu après le bilan mitigé laissé par son prédécesseur, Sebastian Piñera, et un défi de taille pour Michelle Bachelet qui a promis toute une série de mesures visant, entre autre, à réduire les inégalités et réformer du système éducatif.

Lors de son second mandat, elle rencontre plusieurs difficultés, notamment dues au recul de la valeur du cuivre, première ressource exportatrice du pays. Il est aussi entaché par plusieurs scandales politiques, comme du trafic d’influence. Sa popularité retombe à 22%, score jamais vu depuis la dictature. Elle quitte la présidence à la fin de son mandat en mars 2018. Sebastian Piñera, un de ses opposants politiques et son prédécesseur, lui succède.