Bernardo O’Higgins. Le Libertador, père de la patrie

Héros des guerres d’indépendance au début du XIXe siècle, O’Higgins a été le premier chef d’Etat du Chili.

Bernardo O’Higgins (1778-1842), chef des troupes patriotes pendant les guerres d’indépendance puis premier chef d’État du Chili indépendant, est considéré comme le père de la patrie chilienne.

Bernardo O’Higgins était le fils illégitime d’Ambrosio O’Higgins et d’Isabel Riquelme. Son père, à l’origine soldat irlandais au service de la couronne espagnole, devint gouverneur du Chili puis du Pérou. Après quelques années en Europe, Bernardo O’Higgins revient en 1802 dans son pays, convaincu de l’urgence de l’émancipation de l’Amérique espagnole. D’abord nommé maire de Chillán, son lieu de naissance dans la région de Concepción, il devient ensuite sous-délégué de l’Ile de la Laja. Il se rapproche alors du parti indépendantiste.

En 1808, suite à l’invasion de l’Espagne par Napoléon et à la captivité du roi Ferdinand VII, les Chiliens envisagent de secouer le joug espagnol. La mise en place, en 1810, de la première Junte nationale de gouvernement ouvre la voie vers l’autonomie. En 1811, O’Higgins est élu député du Congrès constituant, puis nommé porte-parole de la Junte.

À partir de 1813, il est sans cesse à batailler contre les armées royalistes. Courageux, voire téméraire, il devient vite très populaire. L’échec des indépendantistes au cours de la bataille de Rancagua, en octobre 1814, ternit cependant son image. Avec d’autres patriotes, O’Higgins s’enfuit alors à Mendoza en Argentine, où il retrouve José de San Martín. Il intègre l’Armée des Andes et participe aux préparatifs en vue de la libération du Chili.

À partir de janvier 1817, l’Armée des Andes traverse la cordillère et commence à libérer des villes. Peu après la victoire décisive de Chacabuco (près de Santiago) sur l’armée royaliste, O’Higgins est proclamé Directeur suprême de la « Nouvelle patrie ». Le 2 février 1818, à Talca, il signe l’acte d’indépendance du Chili. Les batailles contre les royalistes reprennent cependant, jusqu’à la victoire de San Martín, à Maipú au Sud de Santiago, en avril 1818.

Bernardo O’Higgins a dirigé ensuite le pays pendant six ans. Finalement, en 1823, en raison d’un contexte politique explosif, il préfère démissionner pour faire revenir le calme. Il quitte alors le Chili pour le Pérou, où il restera jusqu’à sa mort en 1842, à 64 ans.

Les restes de Bernardo O’Higgins ont été rapatriés au cimetière de Santiago du Chili en 1869. En 2006 a été construite une crypte du Libertador sous la place de la Ciudadanía, face au palais présidentiel de la Moneda. O’Higgins y a aussi sa statue, au côté de celle de San Martín, à quelques mètres de l’une des principales artères de la capitale, l’avenue du Libertador General Bernardo O’Higgins. Enfin, au fil du temps, le nom de ce héros de l’indépendance a aussi été donné à la VIe Région, au Sud de Santiago et dont la capitale est Rancagua, au plus grand parc national du Chili, à la petite ville proche, Villa O’Higgins, et au lac turquoise sur lequel flottent des blocs de glace qui se sont détachés du glacier O’Higgins, le tout en Patagonie australe.