2014 : Bachelet revient au pouvoir

Le 15 Décembre 2013 l’ancienne présidente du Chili, Michelle Bachelet, était élue Présidente de la République pour la seconde fois. À la tête du Chili de 2006 à 2010 elle avait cédé momentanément sa place au candidat conservateur Sebastiàn Piñera, auquel elle succède donc.
Pendant son absence de la scène politique chilienne de 2010 à 2013, elle a été nommée directrice exécutive de l’ONU femmes, une entité chargée de promouvoir les droits de la femme.
Élue avec 62% des suffrages face à sa rivale Evelyn Mattei, Michelle Bachelet effectue ainsi un retour attendu. La constitution chilienne ne permettant pas de faire deux mandats consécutifs, elle fut contrainte en 2010 de passer le flambeau au candidat de l’opposition malgré une côte de popularité majoritairement positive (80% d’opinions favorables). Pour l’occasion, son retour au pouvoir a été marqué par une cérémonie d’investiture hautement symbolique au congrès de Valparaiso. C’est Isabel Allende, sénatrice socialiste et fille de Salvador Allende, qui a remis l’écharpe présidentielle à Mme Bachelet.

La candidate socialiste entame un second mandat de quatre ans dans un contexte difficile. La colère des étudiants, le ralentissement de la croissance chilienne et les divisons au sein de la coalition des partis de centre-gauche viennent compromettre la réalisation de ses objectifs. Mais la Présidente affirme sa volonté de faire du Chili « un pays plus juste, plus égalitaire et sans discrimination ». En tête de liste de son programme ambitieux, une vaste réforme de l’enseignement et de la fiscalité qui permettra la refonte du système éducatif pour le rendre plus performant et accessible à tous. Elle a également promis de s’atteler à la réduction des inégalités sociales, avec l’amélioration des systèmes de retraite, de santé et des services publics. Enfin, elle ambitionne de changer la Constitution qui avait été établie en 1980 sous le régime du dictateur Augusto Pinochet… Une mesure à la portée hautement symbolique.

La constitution chilienne

La Constitution de la République du Chili date de 1980, elle est entrée en vigueur en 1981 et plusieurs fois amendée depuis. Le Président élu est chef d’Etat et de gouvernement; il siège au Palacio de la Moneda à Santiago. Il est choisi à l’issue d’une élection au suffrage universel direct. Si un candidat obtient la majorité absolue, il est élu dès le premier tour, sinon les deux candidats ayant obtenu les meilleurs scores s’affrontent au second tour qui a lieu trente jours plus tard. La cérémonie d’investiture a lieu dans le salon d’honneur du Congrès national, à Valparaiso, la capitale législative du Chili. Le président du Sénat recueille la prestation de serment devant les parlementaires rassemblés, puis l’écharpe du Président sortant, qu’il remet au Président entrant. Après l’hymne national, l’ex-président part avec ses ministres puis le nouveau Président présente son gouvernement. L’autre symbole du pouvoir présidentiel, que l’ancien remet au nouveau, est la piocha de O’Higgins: une étoile à cinq branches de couleur rouge, invention de Bernardo O’Higgins, et qui se place à une extrémité de l’écharpe présidentielle.

Selon la Constitution, il faut avoir la nationalité chilienne, être âgé d’au moins 18 ans, être inscrit sur les listes électorales et ne pas avoir été condamné à une peine de prison supérieure à trois ans pour avoir le droit de vote. Les étrangers ont également le droit de vote s’ils sont résidents depuis plus de cinq ans. L’inscription sur les listes électorales est libre, mais une fois faite le vote est obligatoire à vie (sauf cas de force majeure). Un électeur qui ne vote pas peut se voir infliger une amende. En 2009 a été avancée l’idée de légiférer afin de rendre l’inscription sur les listes automatique et le vote non obligatoire.