Le Chili, un lieu d’observation astronomique exceptionnel

Le désert d’Atacama offre l’un des meilleurs lieux d’observation de la planète.

De son exil au Pérou en 1842, le Libertador Bernardo O’Higgins demande au Président chilien de créer avec l’argent qu’il a laissé un observatoire astronomique sur le Cerro Santa Lucía, à Santiago. Il ne sera pas écouté. Néanmoins, sept ans plus tard un lieu d’observation est bien créé, sur cette même colline, et l’Observatoire astronomique national (OAN) inauguré en 1852. L’OAN est aujourd’hui installé dans un autre quartier de Santiago, à Las Condes, sur le Cerro Calán (860 m d’altitude). Sa gestion est assurée par l’Université du Chili, qui se charge aussi bien des études scientifiques que d’en assurer la divulgation par des cours ou conférences et de jouer le rôle de consultant, notamment en matière de coopération internationale. Un département d’astronomie a été créé en 1965 dans la Faculté des sciences physiques de l’Université. Son rôle n’est pas mince, le Chili étant l’un des principaux lieux d’observation astronomique du monde.

Actuellement, les deux principaux projets de recherche ont pour nom de code Chase et Musyc. Chase est l’acronyme de CHilean Automatic Supernovas sEarch: ce projet a été lancé en 2007 pour étudier l’origine de l’accélération de l’Univers à partir de l’observation de supernovas de galaxies proches. Une supernova est le processus suivant l’explosion d’une étoile. Les observations sont effectuées des installations du Cerro Tololo puis analysées par l’OAN du Cerro Calán et par l’Université de Caroline du Nord aux Etats-Unis. Par ailleurs, Musyc est l’acronyme de MUltiwavelength Survey by Yale-Chile, une étude associant l’Université du Chili à celle de Yale aux Etats-Unis. Elle vise également à mieux comprendre l’évolution des galaxies.

Les observatoires et télescopes internationaux sont nombreux au Chili, et on trouve pêle-mêle des astronomes des universités de Princeton, Chicago, Columbia, Yale (Etats-Unis), Tokyo, Nagoya (Japon), l’Observatoire européen austral (ESO) ou encore l’observatoire Gemini qui regroupe Etats-Unis, Royaume-Uni, Canada, Brésil, Argentine et Australie. Les deux plus importants instruments sont le Very Large Telescope (VLT) et l’Atacama Large Millimeter Array (Alma). Ces observatoires hors du commun sont installés l’un dans le désert d’Atacama, l’autre à un sommet de la cordillère des Andes, qui réunissent les conditions parfaites pour les astronomes: extrêmement peu de précipitations et de couverture nuageuse, donc un ciel dégagé presque toute l’année (350 nuits claires), l’altitude et un air pur, sans pollution visuelle ni sonore. La région qui concentre le plus d’observatoires est celle de Coquimbo, dont la capitale est La Serena.

Les amateurs n’oublieront pas que l’hémisphère Sud se caractérise par une grande visibilité des constellations ni de retourner leur carte du ciel si elle a été éditée au Nord: les objets célestes sont inversés. C’est Canopus et la Croix du Sud qui servent de repère pour le pôle Sud dans le ciel austral, mais cette dernière, la plus petite des constellations, n’est pas visible toute l’année. Quant à la Grande Ourse, repère du ciel septentrional, elle est invisible dans le Sud. D’autres constellations typiquement australes sont le Poisson austral, Eridan, la Carène, le Paon, la Dorade, l’Horloge, le Phénix… On peut aussi facilement observer les Nuages de Magellan, des galaxies mineures proches de la Voie lactée. Enfin, le calendrier lunaire a son importance: les nuits proches de la pleine Lune sont plus lumineuses et atténuent l’observation de certains éléments de la voûte céleste.

Rappelons un anniversaire qui vient d’être célébré: l’Union astronomique internationale et l’Unesco ont déclaré 2009 Année mondiale de l’astronomie. L’année 2009 était en effet le 400e anniversaire de la première utilisation de la lunette astronomique par Galilée et le 40e anniversaire du premier pas de l’homme sur la Lune. L’un des objectifs de cette célébration était de favoriser l’accès aux observations et à de nouvelles connaissances. Au Chili, cet objectif est toujours réaliste et réalisable.