Violeta Parra

La chanteuse chilienne la plus populaire.

Violeta Parra est née en 1917 à San Carlos, dans la région de Chillán dans le Sud du Chili. Son père était professeur de musique tandis que sa mère était une fermière qui chantait et jouait de la guitare. La famille comptait neuf enfants qui vécurent leur enfance à la campagne. C’est à l’âge de neuf ans que Violeta Parra commence à apprendre la guitare et à chanter. À douze ans, la jeune fille compose ses premières chansons. Elle va ensuite suivre une formation de professeur à l’École Normale de Santiago, époque à laquelle elle continue à composer des ballades et des mélodies qu’elle joue dans les cirques, les bars et les petites salles de quartier. Elle se marie en 1952 avec Luis Cereceda, avec lequel elle aura deux enfants : Isabel et Angel. C’est avec eux qu’elle réalisera plus tard une grande partie de son œuvre musicale.

À partir de 1952, Violeta, portée par son frère Nicanor Parra, commence à parcourir les territoires ruraux enregistrant et compilant toutes sortes de musiques folkloriques. Ces recherches vont lui faire découvrir la poésie et le chant populaire des recoins les plus divers du Chili. Elle va ainsi élaborer une synthèse culturelle chilienne et faire émerger une tradition d’une immense richesse, cachée jusqu’alors. C’est à ce moment que commence sa lutte contre les visions stéréotypées sur l’Amérique Latine, en récupérant et créant une authentique culture populaire. Elle compose alors de nombreuses chansons, de la musique instrumentale, tout en étant une artiste complète : peintre, sculptrice, brodeuse, céramiste, en fonction de son humeur.

En 1954, Violeta Parra voyage en Pologne, parcourt l’Union Soviétique et l’Europe et reste deux années en France. Elle va y enregistrer ses deux premiers disques de chants folkloriques et originaux et nouer de nombreux liens avec des artistes et intellectuels européens. Elle décide cependant de rentrer au Chili afin de continuer son œuvre. De retour à Santiago en 1958 elle va exposer ses toiles de peinture à l’huile à la Foire des Arts Plastiques en plein air, tout en suivant sa trajectoire d’artiste aux multiples talents, infatigable. Elle part en tournée avec ses enfants en 1961, invitée au Festival de la Jeunesse en Finlande. Elle voyage de nouveau en URSS, en Allemagne, en Italie puis en France où elle s’installe pour 3 ans en se dédiant à la musique, jouant pour la radio et la télévision, offrant des récitals à l’Unesco au théâtre des Nations Unies, et réalisant une série de concerts à Genève ainsi que des expositions d’arts plastiques.

En 1964, elle expose individuellement au Pavillon de Marsan, devenant ainsi la première artiste latino-américaine à recevoir ce privilège. En 1965, un documentaire sur sa vie est filmé lors de son voyage en Suisse. Elle retourne ensuite au Chili avec ses enfants, enregistrant de nouveaux disques de musique instrumentale, voyageant en Bolivie, donnant des concerts au Sud du Chili, jusqu’à sa mort en 1967. Aujourd’hui, toute son œuvre est regroupée au sein de la Fondation Violeta Parra, créée par ses héritiers pour conserver et préserver l’œuvre immense de cette artiste qui a tant fait pour la culture de son pays. En 2011, Andrés Wood réalisa le film Violeta se fue a los cielos, basé sur le livre homonyme d’Ángel Parra, fils de la musicienne. Cette œuvre a remporté différents prix dont le Grand Prix International du Jury du Festival de Sundance 2012.