Fête du nouvel an mapuche

Entre le 21 et 24 juin, à l’occasion du solstice d’hiver austral, des ethnies amérindiennes dont les Mapuches célèbrent la nouvelle année.

We Tripantu ! Bonne année ! C’est ce que l’on pourra souhaiter entre le 21 et le 24 juin aux membres de la communauté mapuche ainsi qu’à d’autres peuples amérindiens du Chili et du continent, comme les Rapa Nuis et les Aymaras. Au Chili, des neuf ethnies amérindiennes qui ont survécu à la colonisation espagnole, les Mapuches sont les plus nombreux. On en dénombre environ 600.000 côté chilien et 200.000 côté argentin. Originaires d’Araucanie dans les Andes chiliennes, ils sont célèbres pour leur esprit insoumis et leur redoutable maîtrise du combat, qui donnèrent beaucoup de fil à retordre aux conquistadors espagnols durant des siècles. Aujourd’hui on les retrouve éparpillés en petits groupes dans les zones rurales de leur région d’origine, de la région des lacs et de la région métropolitaine.

Bien qu’ils aient perdu leur unité territoriale, ils continuent de faire vivre leur langue et leurs traditions. Et parmi celles-ci on retrouve notamment We Tripantu, la nouvelle année. Comme la majorité des peuples originels du continent, les mapuches développèrent au fil des siècles de solides connaissances en astrologie et en astronomie ainsi qu’un culte du Soleil (O antü), de la Terre (Mapu) et des éléments de la nature. Mapuche signifie littéralement Peuple de la Terre.

Pour eux, la fin de l’année coïncide avec le jour le plus court de l’année, le 21 juin. Aussitôt celui-ci passé, le soleil refait son apparition au dessus de Puelmapu, les terres sacrées de l’Est, apportant avec lui les énergies positives nécessaires au réveil de la Nature sur Terre. La nouvelle année commence donc à l’issue du lever de soleil, le 22 juin. Pour célébrer ce renouveau, les Mapuches se réunissent en famille le 21 au soir, en général autour d’un grand feu. Dans cette atmosphère conviviale, les anciens se remémorent légendes et traditions mapuches, afin de les perpétuer dans l’esprit de la postérité.

Le lendemain, dès le lever du soleil, ils s’adonnent à toute une série d’activités traditionnelles et de festivités, tels que leur danse traditionnelle, la purum, ou encore le palín, sorte de hockey mapuche. Tout cela au son des instruments traditionnels, à savoir la trompette trutruca, la flûte pifilca et le tambour cultrun. Pour les amateurs d’immersion culturelle, sachez qu’à l’occasion du nouvel an mapuche, de grands rassemblements communautaires ouverts au public ont lieu au Cerro Santa Lucia à Santiago du Chili, et surtout sur la place principale de Temuco, capitale de la région d’Araucanie.