ON VOUS EMMÈNE… TRAVERSER LES LACS EN PATAGONIE CHILIENNE ET ARGENTINE



16 septembre 2018

La Cordillère des Andes est une barrière naturelle incroyablement étendue, qui sépare l’Argentine de son voisin le Chili. Il existe mille et une manières de la traverser, en des endroits tellement variés en termes de paysage, d’écosystème et de hauteur ! Nous avons tenté la traversée de la plus longue chaine montagneuse du monde d’une manière nouvelle, sortant de l’ordinaire, en la franchissant à travers les basses montagnes et les lacs de Patagonie, à cheval entre le Chili et l’Argentine.

 

Nous commençons notre exploration des lacs patagons en partant de la ville de San Carlos de Bariloche, en Argentine. Capitale de la province de Río Negro et fondée en 1902, Bariloche se situe au pied des Andes et au sud-est du lac Nahuel Huapi, à une altitude de 700 mètres au dessus du niveau de la mer. La région des lacs en Amérique du Sud a été rapidement surnommée la Suisse argentine par ses habitants, la plupart immigrés venus d’Europe (Suisses, Allemands, Italiens), du fait de ses paysages entre eau et montagne, semblable aux bords du lac Léman. Bariloche est une ville particulièrement connue pour la présence de nombreuses infrastructures de sport d’hiver. C’est l’une des stations de ski les plus grandes et plus prisées d’Amérique du Sud, sur les flancs du Cerro Catedral. On peut également y pratiquer les sports extrêmes de montagne, le golf, ou encore la pêche. La région de Río Negro autour de Bariloche est très intéressante, elle vaut le détour et est d’ailleurs très appréciée des Argentins et des Chiliens.

La ville se situe sur les bords du Lac Nahuel Huapi, au cœur du parc national du même nom. Ce dernier a la particularité d’avoir été le premier parc national d’Argentine en 1922. Il regroupe une grande variété d’espèces animales et végétales qui raviront les amateurs de nature. Il s’étend sur plus de 750 000 hectares, entre les provinces de Río Negro et de Neuquén. Inscrit en 1981 au Patrimoine naturel monial de l’UNESCO, il fait partie de l’immense Reserva de biosfera Andino norpatagónica, qui regroupe trois parcs nationaux.

Nahuel Huapi signifie en Mapuche l’île des jaguars, le jaguar étant un animal totem dans la culture locale.  Les Mapuches sont un peuple indien sédentaire très ancien du continent sud américain. Ils ont longtemps résisté aux invasions étrangères, contre notamment les Incas au XVe siècle puis les Espagnols. Ils sont progressivement parvenus à être reconnus en tant que peuple indigène avec des droits particuliers auprès des gouvernements chiliens et argentins. Il en existe encore aujourd’hui une communauté assez nombreuse, qui fait perdurer la culture Mapuche de la préservation de la terre, de l’artisanat et de l’élevage.

De Bariloche, nous prenons un bus jusqu’à Puerto Pañuelo, où nous prendrons notre premier bateau. La route longe les berges du lac Nahuel Huapi et son magnifique paysage, semblable aux points de vue alpins, entre lac et montagnes. Nous arrivons progressivement sur la paisible péninsule Llao Llao, avec son eau d’un bleu perçant et sa végétation flamboyante. Il faut dire que la région est particulièrement pluvieuse, entrainant la formation d’une flore exceptionnelle et très fournie, habitée par de nombreuses espèces endémiques : pudú (petit cervidé), huillín (loutre), monito del monte (petit marsupial), et bien d’autres.

Nous montons à bord d’un catamaran à Puerto Pañuelo, en direction de Puerto Blest, vers l’est. Nous traversons le lac calmement sur le navire, admirant cette vue à couper le souffle sur cette incroyable étendue d’eau au cœur de la Cordillère des Andes, entre d’un côté le parc national Nahuel Huapi et de l’autre le parc national Los Arrayanes.

Le parc national Nahuel Huapi a pour sommet le volcan éteint Tronador, qui culmine à 3491 mètres d’altitude, ce qui est assez peu pour les Andes. En effet, le massif andin a pour particularité d’être très élevé dans sa partie nord, tandis qu’il s’affaisse de plus en plus en descendant vers le sud. Néanmoins, même si ses monts sont moins hauts, il n’empêche que la Cordillère demeure difficile à passer à pied, même en Patagonie, d’où l’intérêt pour nous d’emprunter la voie des lacs. Le spectacle n’en est pas moins impressionnant !

Notre première traversée nautique s’achève a Puerto Blest, sur l’un des sept bras du lac Nahuel Huapi. Une eau d’un bleu presque irréel, une végétation verdoyante et fournie sur les flancs des montagnes. Puerto Blest est un véritable paradis caché au cœur des Andes. Nous partons en bus pour Puerto Alegre, où nous montons à bord d’un bateau pour traverser le Lago Fría, petit lac situé juste à la frontière entre le Chili et l’Argentine, à plus de 700 mètres d’altitude. Une fois de plus, le paysage est à couper le souffle.

Arrivés à Puerto Frías, nous mettons le cap sur Peulla, un peu plus à l’est, où nous arrivons après deux heures de bus dans les terres de Patagonie chilienne, cette fois. Nous sommes maintenant au cœur de la Patagonie des lacs, face aux monts recouverts de leurs neiges éternelles. Nous nous retrouvons au beau milieu du Parc naturel Vicente Perez Rosales, le plus ancien parc national du Chili, inauguré en 1926. Il regroupe de nombreux volcans, dont le fameux mont Osorno, volcan le plus actif des Andes chiliennes.

Nous embarquons sur notre dernier bateau, sur le lac Todos los Santos, pour une traversée de deux heures jusqu’au hameau de Petrohue situé sur la pente du volcan Osorno. Une fois de plus, nous avons le droit à un décor magique sous un ciel bleu, entre les monts enneigés, l’eau limpide et la végétation sur les berges du lac. Cette dernière traversée est douce et lente, elle permet de profiter des derniers rayons du soleil de la journée. Traverser les Andes à bord d’un bateau est assez original et inattendu, mais cela permet de découvrir la région et ses montagnes sous un jour nouveau.

Une fois débarqués à Petrohue, nous montons à bord d’un bus pour notre ultime traversée de la région, vers Puerto Varas, une très jolie ville sur les bords du Lago Llanquihue. Nous rentrons émerveillés de cette journée haute en couleur. La Patagonie est une région riche et surprenante, elle regorge de faune, de flore, de montagnes enneigées ou de glaciers et de lacs cachés, tout en étant entourée par la mer. A pied, en bus ou en bateau, cette région entre le Chili et l’Argentine n’en finit pas d’étonner et de passionner les voyageurs et aventuriers.  

 

Joséphine Boone

Carnet pratique 

Comment y aller ? Vol Buenos Aires/Bariloche 2h20

Où dormir ? Lodge Charming luxury, Hôtel Don Aguilera Mora, Hôtel Awa, Hôtel Lodge Petrohué

Un circuit ? Voyage en Patagonie des Lacs et volcans, Voyage premium Patagonie Chili et Argentine 

 

Diaporama 

 

 



Créons ensemble votre voyage

DEVIS PERSONNALISE

Du bleu profond de l’océan pacifique qui l’auréole, aux teintes chatoyantes de ses façades colorées, en passant par le vert de ses plantureuses forêts, les paysages que l’île de Chiloé nous donne à voir nous plongent dans une ambiance tout à fait singulière aux vagues airs de pays nordiques. Emplir ses poumons de l’air marin tout en s’extasiant face aux admirables points de vue sur le volcan Corcovado, situé sur le rivage opposé. Naviguer pour découvrir les îles plus à l’est de l’Isla Grande, île principale de l’archipel de Chiloé, leurs panoramas sur l’océan et leur patrimoine architectural et historique : tel est notre incroyable programme pendant les quelques jours que nous passons à naviguer entre les villages de pêcheurs typiques de cette île.

Après quelques heures de route depuis Puerto Montt, nous laissons le continent derrière nous et embarquons à bord d’un ferry le temps d’une demi-heure à peine. Nous arrivons dans le village de San Antonio de Chacao, port principal de la zone, situé au nord-est de l’île aux cent églises. Nous nous y baladons et profitons de la fraîcheur de la Patagonie. Notre arrêt y est toutefois assez bref, le temps d’admirer les reflets de ses bateaux aux teintes vives. Ancud, notre prochain arrêt, est située à quelques kilomètres plus à l’ouest ; elle abrite 40 000 habitant, sa forte population étant due au trafic maritime jadis intense qu’elle connaît avant l’ouverture du canal de Panama et qui pousse la ville à se développer.

A quelques dizaines de kilomètres de la capitale de la région des Lacs, l’archipel de Chiloé regroupe quarante îles et constitue dès lors le deuxième plus grand ensemble insulaire du Chili, après la Tierra del Fuego (Terre de Feu). Séparée du continent par le Canal de Chacao, Chiloé est une terre longtemps isolée et peu accessible, bien que le franchissement du Canal prenne moins de trente minutes. Les Chilotes actuels émanent de ce fait d’un métissage des peuples environnants, notamment des Chronos, population autochtone de l’île, avec les Huilliches, groupe mapuche de la région sud, puis plus tard avec les groupes hispaniques. Ces quelque dix à douze mille îliens s’organisent principalement autour des bois et des plages, notre circuit s’articule ainsi principalement le long du rivage et nous donne à voir d’incroyables paysages verdoyants bordés par l’immensité océanique, peuplés par des animaux insolites et, pour certains, endémiques.

C’est en effet ce que nous nous apprêtons à découvrir : après avoir admiré le marché artisanal d’Ancud en bois insulaire ainsi que son fort, vestiges de la grandeur passée de ce point de vue stratégique sur le Golfe de Quetalmahue, nous longeons la côte ouest pour rejoindre les ilots volcaniques de Puñihuil, classés zone naturelle protégée depuis vingt ans. Situés à moins d’un demi-kilomètre de la plage dont part notre embarcation, ces derniers sont peuplés de colonies de manchots de Magellan et de Humboldt, espèces possédant respectivement une et deux bandes noires sur le torse. Nous nous approchons de ces petits êtres amusants et observons leur étonnant spectacle. Nous regagnons ensuite la terre ferme et empruntons la route 5 pour nous rendre davantage au sud, dans la ville de Castro, qui constituera notre point d’ancrage durant les prochains jours pour visiter l’Isla Grande, de même que les plus petites îles situées juste à l’est de l’île principale.

C’est effectivement autour de la capitale provinciale de l’archipel que nous gravitons au fil des jours qui suivent. Nous y découvrons l’excellente gastronomie patagone au cours d’un excellent repas composé de fruits de mer et notamment du plat typique de Chiloé : le Curanto. Cuisiné dans un trou creusé dans le sol d’une profondeur d’environ un mètre, il est composé de fruits de mer, de légumes, de viande et de pomme de terre. Ravis de notre incroyable expérience culinaire, nous regagnons notre gite. Après une nuit au beau milieu des fjords, nous quittons le splendide hôtel Ocio territorial. Nous nous apprêtons à découvrir les splendeurs de Castro, ville dont nous avons déjà pu observer, depuis notre hôtel, la baie illuminée par les couleurs flamboyantes du crépuscule. Nous sommes ravis par le charme de ses palafitos, maisons colorées sur pilotis. Avant de découvrir le très original parc Plazuela de Tren qui, construit sur une ancienne station ferroviaire, témoigne aujourd’hui encore de l’ancienne ligne Castro-Ancud par la présence d’une locomotive d’époque, nous plongeons au cœur de la ville. Nous commençons notre visite par la grande plaza de Armas (place d’armes) surplombée par la majestueuse Iglesia San Francisco (église Saint François) récemment repeinte aux couleurs jaune citron et violette. La beauté de l’édifice extérieur ne saurait rivaliser avec celle de la hauteur de son plafond et de ses intérieurs plus qu’étonnant puisqu’exclusivement bâtie avec des pièces en bois. Cette église bâtie en bois insulaire est l’une des soixante églises de l’archipel, dont seize sont classées au patrimoine mondial de l’UNESCO, y compris celle de Castro.

Construites à partir du XVIIe siècle, ces églises sont l’œuvre des missionnaires jésuites puis franciscains qui sillonnent la région pendant des décennies afin d’en évangéliser les populations. Leur unité architecturale s’appuie sur des caractéristiques communes telles qu’un portail couvert en arcades, une porte centrale menant à la nef principale, une seule tour abritant une cloche ainsi qu’une croix. Ces églises tiennent figure non seulement de patrimoine culturel remarquable et tout à fait charmant, mais aussi de repère pour les bateliers du fait de leur proximité avec le rivage. Après une seconde nuit dans notre exceptionnel hôtel, nous quittons ces derniers et montons à bord d’une embarcation à destination de l’île de Lemuy, troisième île de l’archipel par sa surface, et partons à la découverte des neuf villages de pêcheurs et d’agriculteurs qui octroient à cet espace un charme certain. S’y trouvent également trois des seize églises classées par l’UNESCO ainsi qu’une reproduction de la grotte de Lourdes, qui nous laissent bouche bée.

Nous rejoignons par la suite le Cerro Mona, d’où la vue sur le reste de l’île est ahurissante. Nous terminons notre journée par une promenade dans le parc Yaganas où nous côtoyons une flore foisonnante grâce au climat peu commun et particulièrement pluvieux de la région. Nous passons devant de pittoresques ponts, de jolies cascades puis rebroussons chemin et regagnons nos quartiers. Nous nous délectons une nouvelle fois de la vue imprenable dont nous jouissons depuis notre gite exceptionnel à mesure que l’on apporte d’excellents mets à notre table. Nous passons la fin de la soirée à profiter du spa de la propriété situé au milieu de la forêt, seuls et paisibles.

Le lendemain matin, nous partons en quête d’un nouveau trésor caché : l’île de Quinchao, deuxième plus grande île de l’archipel et merveille aux qualités propres, bien différente du reste de l’unité insulaire. Ses constructions en hauteur sur deux à trois étages se démarquent tout à fait des traditionnelles et typiques maisons en bois, dont les façades sont recouvertes de tuiles de bois bien souvent coloré, que nous avons rencontrées dans nombres d’autres villages de Chiloé tels que Castro. En traversant cette terre vallonnée, nous y rencontrons de nombreux oiseaux, lions de mer et dauphins nageant le long des côtes. Nous avons la chance inouïe de profiter d’un temps clément en nous rendant visiter la plus ancienne église de Chiloé, bâtie en 1730, d’une beauté authentique et tout à fait ineffable.

Des étoiles dans les yeux et des embruns sur les joues, nous retournons à l’Ocio territorial pour une ultime nuit. Après un petit déjeuner idyllique face à la baie de Castro dont on ne saurait se lasser, nous partons pour la côte ouest de l’île en direction du parc national de Chiloé. Après un passage devant le lac Huillinco et le lac Cucao tous deux reliés et se déversant dans l’océan, nous y découvrons une forêt valdivienne toujours plus verte et fournie qui s’étend sur plus de quarante-mille hectares. Nous accédons au parc depuis le village de Cucao au bord du pacifique. Nous longeons ainsi l’océan lors d’une courte balade au cours de laquelle nous avons la rare chance de croiser un choroy, perroquet endémique chilien et aujourd’hui menacé.

Sur cette belle rencontre, nous repartons vers le nord et mettons par la même un terme à ce voyage enchanté dans un lieu coupé du monde, dont l’air marin, les habitants ainsi que les paysages furent aussi charmants que vivifiants. Si l’homme libre toujours chérira la mer, nous garderons toujours en mémoire cette île qui a su la sublimer.

 

Brune Soubeyrat – de Gantho

 

Carnet pratique 

Comment y aller ? Santiago – Puerto Montt 1h30 puis Puerto Montt – Ancud 2h30  

Un circuit ? Lacs, volcans et île de Chiloé 

 

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