ON A ÉTÉ… RENCONTRER LES BALEINES ET LES MANCHOTS ROYAUX EN TERRE DE FEU CHILIENNE



27 novembre 2018

Dans une région considérée comme l’une des plus hostiles de la planète, aux confins de la Patagonie, nous avons eu la chance d’admirer des espèces des plus rares et étonnantes. Les baleines à bosse vivent dans tous les océans et mers de la planète, mais la région du Détroit de Magellan en concentre une grande quantité. Au contraire, les manchots royaux sont des oiseaux particulièrement rares et l’existence d’une colonie sur la grande île de la Terre de Feu est exceptionnelle. Nous sommes allés rencontrer cette faune unique, au cours d’une croisière à Bord du Forrest et d’une exploration en Terre de Feu.

Nous commençons notre escapade à Santiago du Chili pour aller jusqu’à Punta Arenas, par un vol de 3h30. Capitale de la région de Magallanes, elle fut fondée en 1848 ; son nom signifie la pointe de sable. Nous profitons de l’ambiance si particulière de cette ville au bout du monde. Elle était autrefois un point de passage majeur des embarcations allant de l’Atlantique au Pacifique. Cependant, l’ouverture du canal de Panama en 1914 lui fit perdre une grande partie de son trafic maritime. Sur place, nous pouvons voir les vestiges de sa grandeur passée. Une ville aux mille couleurs avec ses toits de taule, qui se mêlent au bleu des eaux du détroit. La place Gamero Muñoz, le musée Maggiorino Borgatello, la maison Braun et Ménendez sont à découvrir ici, nous en profitons pour nous y arrêter et pour baigner dans la culture patagone.

Nous montons en haut du Cerro La Cruz. De là, nous pouvons admirer une vue magnifique sur le détroit de Magellan. Celui-ci est l’un des sept plus grands détroits du monde. Il a été découvert par le navigateur portugais Ferdinand de Magellan, en 1520, bien qu’il ait déjà été largement pratiqué par les habitants auparavant. Grâce à un ciel assez dégagé, nous apercevons la fin de la Cordillère de Darwin au loin. L’endroit baigne dans ce goût de l’exploration, de la grandeur passée des colons européens.

Le soir venu, nous sommes attendus sur le bateau Le Forrest au port de Punta Arenas. Les cabines sont très agréables, le bateau prend le large et navigue tranquillement sur les eaux calmes du détroit. Nous mettons le cap sur le Parque Marino Francisco Coloane, une des réserves de faunes marines les plus importantes de la région. La croisière dure trois jours et deux nuits, nous passons donc la première nuit sur le bateau, bercés par les vagues et l’air marin.

Au petit matin, nous arrivons au Fjord Helado, face au glacier Santa Inès, situé dans le Parque marino. Le paysage est impressionnant, le glacier fend les versants pierreux des derniers monts des Andes. Nous nous en approchons au maximum grâce à un zodiac ; le froid est glaçant et la glace est magnifique, au milieu de ce dédale de baies et de roche.

Après un bon repas à bord du bateau, nous mettons le cap sur la Isla Carlos III, cœur du Parque Marino Francisco Coloane. Nous nous trouvons alors au milieu d’une faune maritime exceptionnelle : dauphins, lions de mer, cormorans, manchots de Magellan. Mais le plus impressionnant reste l’incroyable spectacle des baleines à bosse qui se promènent sans crainte autour du navire. Celles-ci ont la particularité, chose unique chez les baleines, d’être capable de sauter de tout leur corps au-dessus de l’eau. Leur ballet est magnifique, comme irréel. Leur taille, autour de 14 mètres de longueur en moyenne, est étonnante ; on peut alors observer la caractéristique tâche blanche sur leur ventre. Leur nom de baleine à bosse leur vient de la manière dont elles se courbent lorsqu’elles replongent dans les profondeurs. Herman Melville, le célèbre auteur de Moby Dick, écrit à propos de cette espèce, “la plus joueuse et la plus joyeuse de toutes les baleines, brassant l’eau et faisant de l’écume plus que n’importe quelle autre”. Il faut tendre l’oreille pour entendre le chant charmeur des baleines, maitresses de ces lieux regorgeant de vie aquatique.

Après cette riche journée en mer, passée à observer les richesses du Parc maritime Francisco Coloane, nous retournons sur le Forrest pour la nuit. Cap sur Punta Arenas.

Nous traversons à nouveau le Détroit de Magellan en bateau pour atteindre la ville de Porvenir, la capitale de la mystérieuse Terre de Feu. Une fois arrivés, nous prenons la route vers Onaisin, sur les bords de la Bahia Inutil. Une route qui longe la mer, entourée de plaines vertes dont les hautes herbes sont agitées par le vent.

Nous arrivons après une grosse heure de route à l’Estancia San Clemente. Ses terres ne sont pas celles d’une estancia comme les autres. Une colonie d’une trentaine de manchots royaux s’y est installée depuis 2010. Devant la rareté de l’espèce, les propriétaires ont choisi de faire de l’endroit une réserve, un parc uniquement dédié à cette population si particulière et si rare, le Parque Pinguino Rey. En effet, les manchots royaux sont la deuxième espèce de manchots la plus grande de la planète, après les manchots empereurs, qui vivent exclusivement en Antarctique. Ils mesurent entre 85 et 95 cm de hauteur adulte, et pèsent de 12 à 14 kg en moyenne. Ces oiseaux magnifiques se caractérisent par les taches jaunes vif en forme de cuillère de chaque coté de leur tête. Ils ont, comme les autres manchots, cette forme aérodynamique et ce plumage imperméable qui leur permet de plonger jusqu’à 70 m de profondeur dans la mer.

La présence de manchots royaux sur un continent habité par l’homme, tel que l’Amérique Latine, est d’une extrême rareté. En effet, ils sont très sensibles au climat dans lequel ils évoluent, et ne vivent que dans des environnements très particuliers : sur les îles Kerguelen et les îles Crozet (dans le sud de l’Océan Indien), ou sur l’île subantarctique de Géorgie du Sud. Ainsi, les manchots royaux n’habitent que les terres les plus australes de la planète, leur présence en Terre de Feu est une curiosité récente.  

Nous restons à une bonne distance des manchots, afin de pouvoir les admirer, les photographier et les observer dans leur environnement purement naturel. En effet, ils ne doivent pas être dérangés par la présence de l’homme, de peur de les faire fuir vers d’autres terres australes. Ils étaient 8 manchots à leur arrivée, ils sont aujourd’hui une trentaine. Le manchot royal a besoin de 16 mois pour se reproduire, période longue et risquée du fait de leurs nombreux prédateurs. De plus, le manchot royal souffre du réchauffement climatique. La hausse de la température des eaux sur toute la surface de la planète perturbe leur mode de vie. Les prédateurs se multiplient dans une eau plus chaude. De même, autre problème lié au réchauffement climatique, la zone de convergence antarctique entre eaux froides et eaux polaires s’est étendue, obligeant les manchots à traverser 200 km de plus qu’auparavant pour nourrir leurs petits lorsqu’ils naissent.

Ainsi, le manchot royal est une perle rare et tendant à l’être de plus en plus sur la planète, à découvrir en Terre de feu chilienne. Pouvoir les observer est une chance inouïe donc nous profitons largement. Entre notre rencontre avec les baleines du Parque marino Francisco Coloane et la colonie Pinguino Rey, ce séjour nous a permis de découvrir les richesses animalières de Patagonie, région si lointaine et préservée. 

 

Joséphine Boone

Carnet pratique 

Comment y aller ? Vol Santiago/Punta Arenas 2h40

Un circuit ? Croisière safari en Patagonie chilienne 

 

Diaporama 



Créons ensemble votre voyage

DEVIS PERSONNALISE

Cette semaine, notre magazine vous emmène dans ses bagages et se rend à Sucre. La “ville blanche des Amériques” nous a ouvert ses portes le temps d’un week-end.  Reconnue patrimoine mondial de l’UNESCO en 1991, sa beauté et son charme colonial ont su nous conquérir tout le long du séjour.

Après plusieurs mois rêvant de découvrir la Bolivie, le grand jour arrive, enfin le départ pour Sucre. Tout d’abord, non, La Paz n’est pas la capitale! C’est peut être la première surprise de votre lecture, ce fut aussi la mienne. Rassurez-vous les Boliviens ne connaissent pas toujours la bonne `réponse.  En effet, Sucre est le centre constitutionnel  du pays car elle a été le théâtre de l’indépendance au XIXème siècle.

Depuis Buenos Aires, cinq heures de voyage sont nécessaires pour rejoindre la ville avec une escale à l’aéroport international de Santa Cruz. Dès notre arrivée, le dépaysement est total. Malgré l’obscurité, les chemins de montagne préfigurent les paysages uniques qui caractérisent tant la Bolivie. Des petites maisons vétustes en briques en passant par les tiendas ouvertes la nuit, la traversée des environs marque le début d’un séjour inoubliable.

Après un long voyage, l’envie de se restaurer nous emmène hors de notre petit hôtel pittoresque. Quelle belle première surprise s’offre à nous! Une atmosphère de tranquillité et de quiétude règne sur la ville. Sucre s’annonce comme une parenthèse loin de l’exaltation de La Paz ou de Buenos Aires. La Plaza 25 de mayo, au coeur de la ville nous conforte sur les premières impressions de sérénité. Il s’agit d’une petite place verdoyante  où la statue de Antonio José de Sucre trône fièrement. Elle commémore son rôle déterminant dans l’indépendance de Chuquisaca, l’ancien nom de la capitale. A première vue,  le choix en cafés et restaurants au style européen ne semble pas manquer.  De nuit, la sensation de sécurité et de sérénité nous laissent une très bonne impression.

 

A la découverte de la ville

Au programme dès le lendemain: la visite de la ville au fil d’une longue promenade. Le ciel d’un bleu étincelant et les douces températures nous font presque oublier l’hiver déjà bien installé en Amérique Latine. En plein jour, la Plaza de mayo s’anime. Les familles nourrissent les pigeons, les touristes se promènent munis de leur sac à dos tandis que  les vendeurs s’activent tout autour d’eux. La vie à Sucre constitue le décor digne d’une pièce de théâtre.

Le premier monument qui attire l’attention des visiteurs est la Casa de la Libertad. Elle symbolise à elle seule la richesse historique dont est imprégnée la ville. C’est précisément à cet endroit qu’a été proclamée l’indépendance de la Bolivie en 1825. De plus, le général Sucre y prêta serment et devint le premier président de la République de Bolivar. Des objets d’une grande valeur y sont par ailleurs exposés dans son célèbre musée.

A deux pas de là, le mythique couvent San Felipe de Neri accueille les touristes. Sa cour intérieure et les murs restent dans la lignée architecturale de la ville. Les couleurs bleues du ciel ce jour-là font ressortir la pureté du blanc et permettent de prendre des photos de grande qualité. En haut des toits, la vue est incroyable sur l’ensemble de Sucre. Le mélange des couleurs avec les tuiles orangées nous rappelle le passé colonial espagnol. Assister au coucher du soleil est par ailleurs un spectacle à ne pas manquer.

 

Pour nous, la journée continue à la découverte de cette charmante ville bolivienne. Nous profitons d’un excellent déjeuner à la Posada, un restaurant proposant des plats traditionnels dans un cadre très soignéet ensoleillé.  Quoi de mieux pour digérer un bon repas qu’une  balade dans les rues de Sucre? Nous entamons ensuite notre ascension vers le Mirador de la Recoleta. La montée s’annonce particulièrement ardue mais la récompense est là: assister au fabuleux coucher de soleil “chuquisaqueño”. De plus la petite place est dominée par l’Eglise et son musée construits par l’ordre des Franciscains en 1601. La vue est saisissante, elle surplombe l’ensemble de la ville et permet de se rendre compte de son étendue. A côté se situe un petit marché de souvenirs  en descendant plus bas, un restaurant à la vue panoramique, le Munaypata.

Le soir, le dîner-spectacle “Origenes” non loin du centre ville nous émerveille. Pendant deux heures, les différentes danses folkloriques se succèdent. En effet, le show vaut vraiment le détour: le talent des danseurs, la qualité des costumes et des mises en scène. Le repas est correct mais l’immersion culturelle est totale.

 

Une envolée vers l’authentique Bolivie

Le dimanche, nous remettons la grasse matinée à la semaine suivante car nous partons au marché de Tarabuco. Les deux heures de route dans un collectif offrent un panorama splendide sur des petits villages perdus dans les hauteurs de Sucre. Environ 1 euro, c’est ce que nous aura coûté cette belle course entourée des habitants transportant leur marchandise. L’inscription Bienvenido a Tarabuco” en haut de la colline nous accueille et nous fait sourire car nous sommes bien loin d’Hollywood. En effet, ce qui attend surtout les touristes c’est une matinée à la rencontre des artisans qui tressent leurs affaires devant les yeux curieux des visiteurs. Tout s’achète et se vend: des vêtements en laine d’alpaca en passant par des sandales jusqu’au papier toilette à l’unité! Une cholita (bolivienne en habit traditionnel) nous avait prévenues: il y a désormais “tout et n’importe quoi là-bas”.

 

Tarabuco est devenu une vraie attraction touristique mais malgré cela le marché nous plonge au coeur d’un petit village bolivien. Les couleurs, les gens, les produits typiques nous transportent très loin de notre quotidien. Le midi, nous tombons sur l’unique restaurant “Samay Wasi”. Pour quelques euros, nous déjeunons une excellente soupe de mani (cacahuète), de la viande grillée et une sélection de fruits. De plus, le cadre est tout à fait agréable, un joli patio ombragé et fleuri nous sert de décor. Très souvent, les agences proposent aux touristes de combiner cette visite avec le marché Puka Puka qui fait honneur à la communauté indigène qui y habite. Localisée à quelques kilomètres de Tarabuco, une initiation aux danses, aux tissages traditionnels et à la langue quechua est proposée pour une journée riche en découvertes.

La gastronomie à Sucre

Quelle a été ma joie lorsque j’ai appris que Sucre est littéralement surnommée “la ville du chocolat”! En effet, son climat idéal a permis le développement de cette industrie. Quatre fabriques travaillent toute l’année pour vendre les meilleurs produits possibles. Le lundi, la visite de la fabrique de chocolat sonnait donc comme une évidence pour tout amateur.  Pourtant, la visite de l’usine Para Ti s’est avérée particulièrement décevante. Pour des mesures d’hygiène, il n’était pas permis d’observer les processus de production. Deux vidéos et une présentation de la guide d’une durée totale de trente minutes ont donc remplacé cette première déception. En outre, la boutique est vraiment trop petite pour accueillir les visiteurs pourtant nombreux à vouloir acquérir cette spécialité locale. Ainsi, il vaut bien mieux se rendre directement dans leurs deux grandes boutiques en centre-ville. La star de la boutique reste le fameux chocolat au sel du désert d’Uyuni.

Côté salé, les spécialités n’ont pas à rougir. Pourquoi ne pas commencer par les fameuses salteñas au petit-déjeuner? De la famille des empanadas (chaussons fourrés), elles sont remplies de viande et de bouillon et se dégustent parfois à la cuillère. Passé 13h difficile d’en trouver!  En outre, de petits stands parsèment la ville et proposent de délicieux jus d’orange fraîchement pressés. Le chorizo chuquiseño est aussi un plat typique de la ville. Au marché central de Sucre, cette viande est servie en sandwich avec de la salade, des tomates et des oignons. Il est accompagné de locoto, un piment produit en altitude en Bolivie. Les saveurs piquantes se retrouvent avec les viandes notamment la llajhua faite à base de tomate. Enfin, la viande de lama est à la carte dans de nombreux établissements. Une touche d’originalité dans un séjour déjà très dépaysant. 

La douceur de vivre chuquisaqueña

La ville de Sucre est un havre de paix. Le Parque Bolivar en est l’illustration parfaite. Sous un ciel encore bleu, ce parc à taille humaine regorge de surprises. Faisant face au tribunal de justice, il étonne par ses diverses attractions. A l’autre bout du monde, nous tombons face à face avec  une réplique orangée de notre chère Tour Eiffel. En 1906, une copie a été commandée à Gustave Eiffel en personne. Il est d’ailleurs possible d’y monter mais son instabilité nous fait vite redescendre sur la terre ferme. En outre, un petit Arc de Triomphe  domine l’ensemble du lieu et rappelle à nouveau l’inspiration d’origine française. La paisibilité est idéale pour converser des heures durant sur un banc. Le week-end, des soirées sont organisées autour de musique nationale et internationale. Parfaites avec  la douceur du climat!

 

Sucre, une capitale à rajouter sur votre liste

Evidemment Sucre dispose de bien d’autres lieux à faire découvrir aux visiteurs du monde entier. Au total, la capitale compte 19 musées aux thématiques originales. A cela, il convient de rajouter le patrimoine architectural et culturel tel que le Teatro Gran Mariscal, le cimetière général ou bien l’ensemble des églises et cathédrales. L’ensemble forme un bijou d’architecture dont émane toute les traditions et la culture du pays. Sucre est une bulle bien loin de la ferveur des capitales et saura vous conquérir par son charme colonial et la gentillesse de ses habitants.

 

Marie Lorgeoux

Partez à la découverte de Sucre avec nos circuits d’exception:

https://www.bolivia-excepcion.com/voyages-bolivie/sejours-individuels-bolivie/circuit-cochabamba-uyuni-potosi-sucre

https://www.bolivia-excepcion.com/voyages-bolivie/sejours-individuels-bolivie/circuit-santa-cruz-sucre-potosi-uyuni

https://www.bolivia-excepcion.com/voyages-bolivie/sejours-individuels-bolivie/circuit-voyage-bolivie-madidi-uyuni-titicaca