5 ARTISTES À CONNAITRE AVANT DE PARTIR AU CHILI



19 septembre 2019

 

Vous partez bientôt au Chili ? Vous souhaitez vous plonger dans la culture et découvrir tout de ce que le pays a à offrir ? Alors pourquoi ne pas commencer dès maintenant ? On vous a préparé une petite liste d’artistes chiliens contemporains à connaître absolument avant de vous envoler. Sous la douche, dans l’avion pour Santiago, ou bien dans la voiture pour vous remémorez de bons souvenirs ? C’est vous qui décidez ! Trois, deux, un, micro…

Mon Laferte

Sincère, talentueuse, originale, si vous deviez ne retenir qu’un seul nom, Mon Laferte serait l’élue. Elle est sans aucun doute l’artiste chilienne contemporaine la plus connue et l’une des plus talentueuses de sa génération. Artiste chilienne la plus écoutée sur Spotify au niveau mondial et chanteuse ayant réalisé le plus de ventes au Chili depuis l’ère digitale, Mon Laferte est une star au-delà des frontières de son Chili natal. Sa musique, toujours éclectique,  parfois engagée, refuse toute catégorisation de genres. Rock, pop, cumbia, reggae, elle s’amuse avec tout et nous emporte dans un univers bien à elle.  Les rythmes qu’elles proposent respirent son attachement à sa terre natale. Romance, absurdité du quotidien, féminisme, ou encore homosexualité sont autant de sujets qui l’inspirent et la poussent à se réinventer continuellement. Sa personnalité ne peut laisser indifférent : sa voix unique, son style vestimentaire, sa crinière sombre, les bouquets de fleurs qui ornent ses concerts sont autant de détails qui nous enivrent. Rien n’est laissé au hasard, encore moins ses clips musicaux, travaillés comme des mini courts métrages. Amis belges, elle s’arrête à Bruxelles le 30 Octobre prochain dans le cadre de sa tournée internationale #LaGiraDeNorma, un premier pas vers le Chili ?

Tu Falta de Querer, un de ses plus gros succès :

Alex Anwandter

Autre artiste, autre style musical. Alex Anwandter a fait de la pop et de l’électropop son terrain de jeu. D’abord connu comme leader du groupe Teleradio Donoso, il est aujourd’hui l’un des artistes les plus influants de cette dernière décennie au Chili. Artiste accompli, il réalise aussi ses clips musicaux visuellement très travaillés. Ses thèmes de prédilections, que sont les droits des LGBT, la sexualité, la question du genre, nourrissent ses rythmes dansants. Son dernier album, Latinoamericana, est une réflexion sur l’Amérique latine et ses traditions. Sa musique est également marquée par ses origines brésiliennes.  Ses derniers singles connaissent un succès fou comme “Siempre es viernes en mi corazón”, “Como puedes vivir contigo mismo” ou encore “Locura“. Les boîtes de nuit diffusent ses sons dance electro. Une énergie débordante sur scène, des musiques engagées, des sonorités latines : un cocktail qui séduit le jeune public chilien. 

Déhanchez-vous sur Cómo puedes vivir contigo mismo?

Victor Jara

Un classique. Deux mots pour décrire Victor Jara : simplicité et engagement. Une voix et une guitare pour se plonger dans l’histoire du Chili. Certes beaucoup moins contemporain que les autres artistes ici cités, Victor Jara est une pointure de la culture musicale chilienne. Militant communiste dès les années soixante, Jara a défendu l’Union Populaire contre la dictature de Pinochet avec sa guitare, ses chansons engagées et son esprit révolutionnaire. Ses douces mélodies critiquent la bourgeoisie chilienne ou encore la guerre du Vietnam et rendent hommage aux figures révolutionnaires. Il chante des hymnes tristes comme « Te recuerdo, Amanda », des chansons contre l’impérialisme comme « Duerme, duerme, negrito » et des odes révolutionnaires devenues des classiques comme « A desalambrar ». Son assassinat en 1973, lors de son emprisonnement, demeure l’un des crimes les plus emblématiques de la dictature de Pinochet.

Le romantisme à la chilienne avec Te Recuerdo Amanda :

Ana Tijoux

Un vrai coup de cœur ! Amateurs de rap, vous ne pouvez pas passer à côté d’Ana Tijoux ! Cette artiste franco-chilienne réinvente les codes en proposant un mélange rafraichissant entre musique hip-hop contemporaine, rap et traditions latines. Figure emblématique du rap latino, elle se fait connaître grâce au groupe Mazika. Nominée aux Grammys, elle est aussi bien présente sur la scène musicale chilienne que sur la scène internationale. Ses clips musicaux sont une vitrine de la modernité chilienne avec des tenues traditionnelles colorées sur fond de gratte-ciels. Une culture revendicatrice et rebelle l’anime. Elle exprime sa rage dans des chansons comme « Antipatriarca » qui incite les femmes à dénoncer les violences dont elles ont pu être victimes ou « Somos Sur », une ode à l’union des peuples pauvres de l’hémisphère sud. Son album « 1977 » (2009) est un hommage au « Golden Age of Hip-Hop » avec des notes de musique traditionnelle chilienne et de la culture latino-américaine. Elle célèbre cette année ses 22 ans de carrière. Des textes puissants, une personnalité forte et un flow qui n’a rien à envier aux plus grands, Ana Tijoux est un bijou du rap engagé.

1977 ou l’apparition remarquée dans la série Breaking Bad :

Santaferia

Santaferia est un groupe de dix musiciens dont les chemins se sont croisés pour célébrer la cumbia. Leur musique alternative s’intègre dans le mouvement « nueva cumbia chilena » et est majoritairement influencée par la salsa, la timba cubaine et la cumbia. Cette dernière est un rythme et une danse élaborés à partir de trois cultures différentes : la culture indienne avec les populations natives de la région, la culture africaine avec les esclaves arrivés dès le XVIème siècle et européenne avec les colons espagnols installés en Amérique latine dès la fin du XVème siècle.  Le groupe naît en 2006 et conquiert son public avec quatre albums : “Le Traigo Cumbia” (2011), “Lo Que Va a Pasar” (2013), “El ojo del huracán”(2017) et “Hasta el sol te seguire”(2019). Les sons de guitares, les percussions et les maracas s’associent à des touches électroniques créant une musique moderne rafraichissante. Ce mélange dansant d’airs traditionnels chiliens, de boléros classiques et de cumbia vous transporte dans le folklore local pour danser lors des longues soirées d’été chiliennes.

Regardez « El día que las vacas vuelen », dernier single de Santaferia dont la traduction littérale est « le jour où les vaches voleront », l’équivalent espagnol du « jour où les poules auront des dents » :

Alors, vous connaissez bien la partition ? Vous êtes fin prêts pour partir au Chili, un pays où musique et traditions font bien la paire.

 

Lucie Allyot



Créons ensemble votre voyage

DEVIS PERSONNALISE

La Patagonie est une région faite d’extrêmes et d’immensité, taillée pour les superlatifs. C’est là que se rencontrent les Andes, les vastes étendues d’herbes folles, les forêts, l’océan, les fjords, les glaciers, et les vents implacables qui balayent cet ensemble. Dans ce cadre exceptionnel vit une faune d’une grande diversité, grâce à un écosystème préservé presque jalousement par les Chiliens. Nous nous sommes rendues en Patagonie chilienne, sur les traces des animaux endémiques de la région.

 

Notre voyage commence à Punta Arenas, où nous atterrissons, avant de prendre la route pour Puerto Natales. En chemin, nous traversons l’immensité des steppes patagoniques. De temps en temps, nous apercevons un rapace posé sur une clôture de bois, ou bien un petit groupe de nandous, ces cousins patagons de l’autruche, au milieu d’une végétation basse et sèche de la même couleur beige-gris que leur plumage.

Le lendemain, nous partons tôt pour le parc Torres del Paine. Un arrêt s’impose pour découvrir la grotte du Milodon. Il s’agit d’un mammifère terrestre, cousin du paresseux mais bien plus gros, éteint depuis 8 000 à 10 000 ans, et qui vivait en Patagonie. Point de Milodon au rendez-vous donc, si ce n’est la statue grandeur nature, qui montre au visiteur à quoi ressemblait l’animal. En revanche, sur le sentier qui y mène, nous faisons une singulière rencontre matinale : une moufette ! On les appelle « Zorrillo » en espagnol, mais les Chiliens ont leur propre mot pour la désigner : el chingue. Nous en croiserons plusieurs autres au cours de notre séjour, si bien que nous réaliserons peu à peu que le chingue est un animal plutôt commun ici.

Arrivées au parc National Torres del Paine, nous ouvrons grand nos yeux, et scannons minutieusement les endroits par lesquels nous passons et leurs environs : bois de lengas et de ñirres, parois rocheuses, flancs de collines, plaines herbeuses. En effet, nous sommes entrées sur le territoire du puma, et s’il est possible d’en apercevoir au cours de notre séjour, nous ne laisserons pas passer cette chance.

Le jour suivant, nous faisons la connaissance de Yara et Anaïs, nos guides pour la journée, et partons avec elles pour une visite du centre du parc. Au premier mirador où nous nous arrêtons, le Salto Chico, nous découvrons un animal rare : une femelle huemul, en balade matinale près de l’un des nombreux lacs. Le huemul, c’est une sorte de cerf andin. Il s’agit d’une espèce protégée endémique du Chili et de l’Argentine, malheureusement en voie d’extinction. Il figure aussi sur l’emblème national chilien, aux côtés du condor. Anaïs nous raconte l’histoire de ce huemul-là, baptisé Panchita. Lors du grave incendie de 2011 qui a dévasté une importante partie du parc, elle s’est réfugiée dans cette zone. Peu à peu habituée aux humains et rejetée par ses congénères (peut-être pour cette raison), elle erre désormais dans ce périmètre, et se laisse observer assez facilement. Nous avons du mal à partir, nous aimerions rester là, à la regarder. Elle est tranquille, son regard est doux et ses mouvements lents. Sur son pelage uniformément brun, nous remarquons des cicatrices, souvenirs d’une malheureuse rencontre avec un puma. Elle se couche et ferme les yeux, pour une petite sieste au soleil.

Nous continuons notre découverte du parc, enthousiastes et optimistes : selon Yara et Anaïs, si nous avons pu voir un huemul si tôt dans la journée, c’est que nous avons de la chance, et si nous avons de la chance, alors peut-être que nous verrons un puma ! En attendant, nous croisons de temps en temps un caracara Chimango, l’un de ces rapaces communs en Patagonie, que nous avions déjà vus à différentes reprises depuis notre arrivée dans la région. Ils aiment se percher sur les nombreuses clôtures en bois qui marquent les limites des champs de pâturage et des estancias.

Un peu plus tard dans la journée, après de petites randonnées vers les miradors du parc, nous nous dirigeons vers la laguna Amarga. Il se murmure que les pumas sont fréquemment vus dans cette partie du parc. En chemin, nous ouvrons donc l’œil, et même les deux. C’est un groupe de guanacos que nous rencontrons d’abord. Il s’agit d’un camélidé andin, cousin du lama. La lumière plus dorée de cette fin d’après-midi se reflète sur leur pelage couleur noisette, presque roux. Nous nous étonnions de ne pas les avoir vus jusqu’ici, puisqu’habituellement, ils peuplent les collines environnantes. Mais les voilà qui ont fini par apparaître. Proies favorites du puma, les guanacos ne sont jamais très sereins dans cette contrée hostile où le félin est protégé, et la présence de l’homme ne les met pas très à l’aise non plus. Nous repartons en silence, pour ne pas les effrayer.

Quelques centaines de mètres plus loin, au détour d’un virage qui fait face au massif du Paine, nous rencontrons un rassemblement anormal à cette heure. Il s’agit en réalité d’un groupe de photographes qui ont repéré une fratrie de quatre jeunes pumas dans une paroi rocheuse à quelques dizaines de mètres de là. L’un d’eux nous dit que leur mère les appellera bientôt. Et en effet, quelques dizaines de minutes plus tard, après avoir entendu un grognement, les félins se sont mis en chemin. Par une chance folle, ils passent à quelques mètres de nos yeux ébahis.

Après cette rencontre incroyable, nous reprenons la route, sortons du parc, et arrivons à la lagune Amarga. Il fait sombre, mais le ciel est encore clair derrière les Tours du Paine qui se reflètent dans l’eau, où cinq flamants roses barbotent paisiblement. Les paysages de ce côté sont plus secs, la végétation y est basse, semblable au maquis. Nous cherchons les nandous, que nous avions vus brièvement le jour de notre arrivée. Ils sont sûrement là, mais ce soir, l’obscurité nous empêchera de les voir.

Le lendemain matin, nous quittons l’hôtel de l’estancia Cerro Guido, pour nous rendre avec Séverine, l’une des guides, à un endroit appelé Condoreras. Elle nous explique que cet endroit fait partie de l’estancia. Il s’agit en fait d’une barre rocheuse haute de 200 mètres, qui offre une vue époustouflante sur le massif du Paine, et sur la vallée de la rivière Las Chinas. Surtout, elle doit son nom au fameux condor des Andes, qui y niche. Effectivement, quelques minutes après notre arrivée au sommet de la falaise, trois petits points à l’horizon se rapprochent, longent le promontoire où nous nous trouvons, et passent exactement au-dessus de nos têtes. À ce moment-là, on entend un son unique : celui de l’air qui glisse sur leurs ailes. C’est comme si un petit planeur passait à côté de votre oreille. Nous restons un moment à observer ces condors aller et venir à quelques mètres de nous.

Séverine nous dit que l’un des puma trackers qui travaillent pour l’estancia dans le cadre d’une étude sur les pumas, a repéré l’un des félins en bas de la falaise. Nous avons à nouveau la chance de pouvoir observer cet animal hors du commun, mais depuis une lunette, cette fois, car il se trouve 200 mètres plus bas que nous. L’observateur nous raconte l’histoire de ce puma solitaire : une femelle assez farouche que l’on a appelée Collarcita, âgée d’un peu plus d’un an, abandonnée plus tôt que prévu par sa mère qui lui a appris à se méfier des humains.

Sur le chemin du retour, nous avons enfin l’opportunité de voir les nandous dans leur habitat naturel : la végétation basse et noire des étendues patagoniennes, formée par un buisson appelé mata negra. C’est amusant de voir leurs longs cous sortir de celle-ci. Ils vivent en petits groupes et sont répartis sur toute la partie plate de ces terres battues par les vents.

Lors de notre séjour à l’estancia Cerro Guido, nous verrons aussi plusieurs sortes d’oiseaux, plusieurs moufettes de Humboldt, et un tatou velu de Patagonie. Ce dernier se promenait paisiblement sur la pelouse de l’estancia, et nous avons découvert qu’il vit en fait dans un terrier situé sous la passerelle de bois qui permet de s’y rendre.

Le jour suivant, nous quittons définitivement l’estancia : direction Punta Arenas. En chemin, nous nous arrêtons sur le bord de la route. Un petit renard mange les restes d’un guanaco qui semble avoir été la proie malheureuse d’un puma. Un peu plus loin sur une colline, le groupe des guanacos survivants se fait discret. Et autour, sur les rochers et les flancs de collines, placés comme dans un amphithéâtre autour du renard et de son déjeuner, des dizaines de condors qui, ayant déjà pris leur part, attendent de digérer pour pouvoir à nouveau s’envoler. Les caracaras huppés, eux, rôdent, impatients à quelques mètres du renard. Une scène que nous imaginons habituelle dans cette terre hostile pour qui n’est pas un puma. Nous y découvrons une hiérarchie soigneusement respectée, et à quel point le rôle du puma est important pour l’alimentation du reste des animaux de la région.

Ce voyage en Patagonie australe nous a appris que derrière la beauté sauvage de ces paysages du bout du monde, se cache un équilibre fragile qu’il nous appartient de protéger. Le Parc Torres del Paine est pour un grand nombre d’espèces, dont certaines sont menacées comme le huemul ou le puma, un havre de paix. En cela, il est aussi un endroit incontournable pour qui souhaite observer la faune spectaculaire de la région.

Anaïs Moreno Chabbert

 

Cet article fait partie d’une série de 4 récits, écrit par 3 membres de notre équipe à la suite d’un voyage de reconnaissance réalisé en Patagonie australe. Retrouvez prochainement le portrait plus détaillé de l’un des animaux phares de la région, l’énigmatique puma !

 

Carnet pratique 

Quand s’y rendre ? Entre octobre et mars. Pour avoir une chance de voir les petits des animaux, privilégier le mois de décembre.

Parc National Torres del Paine : 4 heures depuis Punta Arenas, 1 heure 30 depuis Puerto Natales, et 3 heures 15 depuis El Calafate

Estancia Cerro Guido : 4 heures depuis Punta Arenas, 1 heure 30 depuis Puerto Natales, et 3 heures 15 depuis El Calafate

Un circuit ? Séjour au coeur de la faune de Patagonie chilienne

 

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