Politique au Chili : S. Piñera succède à Michelle BacheletLe nouveau chef de l'État Sebastián Piñera a été élu en janvier 2010 lors de l'élection présidentielle. Le 11 mars 2010, l'investiture du 38e président du Chili s'est faite dans la plus grande sobriété, et une partie des festivités a été annulée. Entre le résultat de l'élection présidentielle en janvier et la date de prise de fonction, un violent séisme avait secoué le pays, le 27 février. Une catastrophe qui change bien sûr les priorités politiques et économiques du gouvernement.
Cette passation de pouvoir est néanmoins importante, et symbolique. Michelle Bachelet a remis les clés du palais présidentiel de la Moneda et l'écharpe de président de la République du Chili à Sebastián Piñera pour un mandat de quatre ans. Malgré une cote de popularité extrêmement favorable (autour de 80% d'opinions positives), la Constitution l'empêchait de se représenter puisque deux mandats consécutifs sont interdits. Pour la Concertation de partis pour la démocratie (Concertación de Partidos por la Democracia), coalition de partis de centre gauche, la socialiste a donc laissé la place au démocrate-chrétien Eduardo Frei Ruiz-Tagle, chef de l'État de 1994 à 2000. Au premier tour le 13 décembre 2009, celui-ci a obtenu 29,6% des voix, loin des 44,06% du candidat de la Coalition pour le changement (Coalición por el Cambio), Sebastián Piñera Echenique. Faute de majorité absolue, un second tour a été organisé le 17 janvier 2010: Sebastián Piñera a obtenu 51,61% des suffrages, contre 48,39% pour son adversaire. Lors de son discours de victoire, le nouveau Président élu a déclaré: "La démocratie, que nous avons reconquise de manière exemplaire à la fin des années 1980, vient de faire un nouveau grand pas vers la force et la maturité et, après vingt ans, a opté pour l'alternance." Depuis le retour de la démocratie, c'est en effet la première fois qu'un candidat de droite obtient la magistrature suprême, la Concertación était au pouvoir depuis 1989, avec quatre Présidents.
Sebastián Piñera est membre de Renovación Nacional (RN), l'un des trois partis politiques de la Coalition pour le changement, avec l'Unión Demócrata Independiente (UDI) et ChilePrimero. S'il incarne l'alternance, il n'a jamais évoqué de rupture avec les politiques de ses prédécesseurs, promettant tout au long de sa campagne "un avenir d'unité nationale et de meilleure justice pour tous", se présentant aussi comme le symbole d'une droite "moderne et modérée". Sebastián Piñera, né le 1er décembre 1949 à Santiago, est un homme d'affaires milliardaire, présent dans de nombreux secteurs d'activité et entreprises: la compagnie aérienne LAN, la chaîne de télévision Chilevisión, le club de football Colo Colo, la chaîne de pharmacies FASA, la finance, les mines, l'immobilier, etc. Il a été sénateur de 1990 à 1998 puis candidat à l'élection présidentielle de 2005 et a été battu au second tour par Michelle Bachelet.
La Constitution de la République du Chili date de 1980, elle est entrée en vigueur en 1981 et plusieurs fois amendée depuis. Le Président élu est chef d'Etat et de gouvernement; il siège au Palacio de la Moneda à Santiago. Il est choisi à l'issue d'une élection au suffrage universel direct. Si un candidat obtient la majorité absolue, il est élu dès le premier tour, sinon les deux candidats ayant obtenu les meilleurs scores s'affrontent au second tour qui a lieu trente jours plus tard. La cérémonie d'investiture a lieu dans le salon d'honneur du Congrès national, à Valparaiso, la capitale législative du Chili. Le président du Sénat recueille la prestation de serment devant les parlementaires rassemblés, puis l'écharpe du Président sortant, qu'il remet au Président entrant. Après l'hymne national, l'ex-président part avec ses ministres puis le nouveau Président présente son gouvernement. L'autre symbole du pouvoir présidentiel, que l'ancien remet au nouveau, est la piocha de O'Higgins: une étoile à cinq branches de couleur rouge, invention de Bernardo O'Higgins, et qui se place à une extrémité de l'écharpe présidentielle.
Selon la Constitution, il faut avoir la nationalité chilienne, être âgé d'au moins 18 ans, être inscrit sur les listes électorales et ne pas avoir été condamné à une peine de prison supérieure à trois ans pour avoir le droit de vote. Les étrangers ont également le droit de vote s'ils sont résidents depuis plus de cinq ans. L'inscription sur les listes électorales est libre, mais une fois faite le vote est obligatoire à vie (sauf cas de force majeure). Un électeur qui ne vote pas peut se voir infliger une amende. En 2009 a été avancée l'idée de légiférer afin de rendre l'inscription sur les listes automatique et le vote non obligatoire.
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