En Antarctique, le lac Vostok pourrait livrer ses secrets
08 Février 2012 Environnement
Après 20 ans de forage, une équipe de scientifiques russes a réussi à atteindre la surface de ce lac souterrain.
Intriguant, fascinant, forcément particulier : l’Antarctique est un continent à part. Et pour cause, la terre la plus méridionale de la planète est recouverte presque entièrement de glace. Bordé par les mers de Ross et de Weddell, il acquiert en 1991 un statut particulier : le protocole de Madrid établit qu’il s’agit d’une zone de recherche scientifique, non militarisée, et où le tourisme est très règlementé. Terre inhospitalière par excellence, certains animaux comme les manchots adélie vivent pourtant à la surface du continent blanc.
Depuis la découverte du continent au début du XIXe siècle, on connaît mieux la faune et la flore qui, repoussant les limites de la vie, parviennent à survivre dans ce milieu hostile. Mais les scientifiques, dont certains travaillent sur place depuis des années, cherchent à savoir s’il existe de la vie sous la glace. En 2009, plusieurs types de bactéries ont été retrouvées vivantes emprisonnées sous la surface de l’Antarctique. Mais dimanche dernier, c’est peut-être un pas de géant qui a été fait dans la recherche de ces formes de vie extrême. En effet, une équipe de scientifiques russes est parvenue, grâce à des forages commencés il y a maintenant deux décennies, à atteindre la superficie d’un lac souterrain se trouvant à 3769,3 mètres de profondeur.
La présence d’eau liquide sous la surface terrestre n’est pas inhabituelle, loin de là. Ce qui l’est plus, c’est de trouver un lac aussi grand que celui d’Ontario (Canada), dans une des régions les plus froides du globe. Comment une telle quantité d’eau douce peut-elle rester à l’état liquide sous presque 4 kilomètres de glace ? Il faut tout d’abord comprendre que cette énorme couche glacée agit comme un isolant ; cependant, si l’eau présente est restée liquide, c’est grâce au réchauffement géothermique qui s’exerce au centre du globe terrestre. Ainsi, ce lac d'eau pure de 250 kilomètres de long et de 50 km de large serait isolé de la surface depuis des centaines de milliers d'années.
C’est pourquoi les chercheurs sont particulièrement impatients à l’idée d’étudier le lac Vostok, qui pourrait générer des révélations sur l'évolution de la Terre et même de nouvelles formes de vie. Comme le confirmaient les scientifiques russes, il n’est pas impossible de découvrir des micro-organismes jusqu'ici inconnus de l'homme. Mais il faudra attendre pour connaître l’ampleur de cette découverte : ce n’est qu’en décembre prochain, au cours de la saison d'été en Antarctique, que l’on pourra prélever des échantillons et les faire analyser. L’équipe de chercheurs russes, qui calculent la profondeur du lac entre 600 et 700 mètres, prévoient d’atteindre le fond du Vostoc au cours des années 2013-2014.
Un bémol est cependant imputable à l’équipe de chercheurs russes : pour réussir leurs forages, ils auraient utilisé du kérosène pour empêcher le trou de se refermer. La question environnementale est donc de mise, alors qu’en 2000, une équipe de chercheurs français s’était déjà retirée du projet, jugé trop dangereux de par les risques de pollution. Dès l'annonce lundi selon laquelle les Russes avaient atteint le lac Vostok, des scientifiques français et britanniques ont manifesté leur réserve sur l'intérêt de ces travaux, au vu des risques pour l’écosystème antarctique.
Pour en savoir plus, retrouvez notre guide Antarctique, ainsi que nos croisières Antarctique pour découvrir ce continent.
Depuis la découverte du continent au début du XIXe siècle, on connaît mieux la faune et la flore qui, repoussant les limites de la vie, parviennent à survivre dans ce milieu hostile. Mais les scientifiques, dont certains travaillent sur place depuis des années, cherchent à savoir s’il existe de la vie sous la glace. En 2009, plusieurs types de bactéries ont été retrouvées vivantes emprisonnées sous la surface de l’Antarctique. Mais dimanche dernier, c’est peut-être un pas de géant qui a été fait dans la recherche de ces formes de vie extrême. En effet, une équipe de scientifiques russes est parvenue, grâce à des forages commencés il y a maintenant deux décennies, à atteindre la superficie d’un lac souterrain se trouvant à 3769,3 mètres de profondeur.
La présence d’eau liquide sous la surface terrestre n’est pas inhabituelle, loin de là. Ce qui l’est plus, c’est de trouver un lac aussi grand que celui d’Ontario (Canada), dans une des régions les plus froides du globe. Comment une telle quantité d’eau douce peut-elle rester à l’état liquide sous presque 4 kilomètres de glace ? Il faut tout d’abord comprendre que cette énorme couche glacée agit comme un isolant ; cependant, si l’eau présente est restée liquide, c’est grâce au réchauffement géothermique qui s’exerce au centre du globe terrestre. Ainsi, ce lac d'eau pure de 250 kilomètres de long et de 50 km de large serait isolé de la surface depuis des centaines de milliers d'années.
C’est pourquoi les chercheurs sont particulièrement impatients à l’idée d’étudier le lac Vostok, qui pourrait générer des révélations sur l'évolution de la Terre et même de nouvelles formes de vie. Comme le confirmaient les scientifiques russes, il n’est pas impossible de découvrir des micro-organismes jusqu'ici inconnus de l'homme. Mais il faudra attendre pour connaître l’ampleur de cette découverte : ce n’est qu’en décembre prochain, au cours de la saison d'été en Antarctique, que l’on pourra prélever des échantillons et les faire analyser. L’équipe de chercheurs russes, qui calculent la profondeur du lac entre 600 et 700 mètres, prévoient d’atteindre le fond du Vostoc au cours des années 2013-2014.
Un bémol est cependant imputable à l’équipe de chercheurs russes : pour réussir leurs forages, ils auraient utilisé du kérosène pour empêcher le trou de se refermer. La question environnementale est donc de mise, alors qu’en 2000, une équipe de chercheurs français s’était déjà retirée du projet, jugé trop dangereux de par les risques de pollution. Dès l'annonce lundi selon laquelle les Russes avaient atteint le lac Vostok, des scientifiques français et britanniques ont manifesté leur réserve sur l'intérêt de ces travaux, au vu des risques pour l’écosystème antarctique.
Pour en savoir plus, retrouvez notre guide Antarctique, ainsi que nos croisières Antarctique pour découvrir ce continent.











